Bioéconomie

Rhône-Alpes prend des mesures pour l’autonomie alimentaire des élevages

L’autonomie alimentaire des élevages est un enjeu à la fois économique, agricole et environnemental dans une période où de nombreux éleveurs sont dépendants d’achat d’aliments, et dans la mesure où la France doit importer des protéines végétales en grande quantité. L’autonomie alimentaire répondre aussi à des objectifs de qualité.


La Région Rhône-Alpes a pris des mesures en faveur de l’autonomie alimentaires des élevages sur des propositions proposées par Gérard LERAS, président du Groupe des Verts, lui-même agriculteur en Isère.


Les mesures ont consisté à permettre aux éleveurs de réaliser des diagnostics pour mieux connaitre leurs besoins, mais aussi leur potentiel de production. Le succès de la mesure a été spectaculaire. Alors que 150 diagnostics étaient financés sur l’année 2009, 148 ont été demandés en huit mois. Des nouveaux diagnostics seront financés par la Région. Les actions aidées peuvent être aidées dans le cadre d’exploitations individuelles, mais aussi dans un cadre collectif, car les investissements sont parfois lourds.


Les diagnostics ont été financés à raison pour un coût de 1000 euros dont 20% ont été supportés par les agriculteurs. « L’objectif recherché était l’explication et l’appropriation de la démarche par les agriculteurs. Les techniciens qui sont intervenus ont été formés. Le but était aussi d’éviter d’imposer une vision technocratique, et surtout d’éviter d’engager les agriculteurs dans des investissements périlleux. La démarche mise sur le temps et le transfert de compétences » explique Gérard Leras.


Les mesures qui entrent dans l’accroissement de l’autonomie alimentaire des élevages sont nombreuses. L’action peut tout simplement passer par une bonne utilisation des prairies naturelles dont disposent les éleveurs. Il suffit par exemple de bien distribuer les points d’eau, en quantité suffisante, pour éviter que le bétail se concentre sur un même secteur, provoquant du surpâturage. IL est aussi possible de passer des herses afin d’aérer le sol. Onéreux, ce matériel peut être acquis par des Coopératives d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA).


Changement d’assolement


Une des principales solutions réside dans le changement des assolements, en variant les protéagineux, les oléagineux et les céréales. Alors que la rotation des cultures est une solution reconnue au niveau européen pour lutter contre la prolifération de la chrysomèle du maïs, la profession (Association Générale des Producteurs de Maïs) a privilégié globalement en Rhône-Alpes la lutte au moyen d’insecticides. Sans beaucoup d e succès. La chrysomèle étant présente, la lutte passe par la suppression d’une culture de maïs, pour empêcher la présence de larve susceptible de se développer au printemps.


Une expérience menée avec la coopérative la Dauphinoise dans le sud du Grésivaudan, à Crolles a permis de semer 200 hectares de d’autres espèces que le maïs. Mais les 10 000 tonnes produites ne représentent qu’une petite partie des besoins. Il faudrait produire cent fois plus, pour faire face aux besoins, mais aussi pour assurer que les produits ne sont pas des produits OGM. Les importations de soja certifié non OGM depuis le Paraná. Or la poursuite des importations n’est pas assurée car les importateurs entendent conserver le contrôle sur les produits qui dégagent pour eux la meilleure marge.


Développer les huiles végétales


Des actions ont été lancées pour valoriser l’utilisation des tourteaux de soja, de colza. Des programmes ont été mené par la Région pour l’utilisation de ces protéagineux en vue de produire des huiles végétales pures destinées un usage de carburant. L’idée a été d’ajouter à la production d’huile, l’utilisation de ce qui était considéré comme un sous produit, les tourteaux, qui constituent une alimentation riche.


La production d’huiles végétales et de tourteaux n’est pas une fin en elle-même. Elle doit être menée avec une logique économique et environnementale. Gérard LERAS souligne que les produits ne doivent pas être utilisés au-delà d’une certain périmètee, au-delà de 20 à 30 kilomètres, le bilan énergétique se dégrade.


Les mesures en faveur de l’autonomie des élevages, concernent aussi la récolte et le stockage des fourrages. Le séchage du foin en fenil n’est pas toujours une technique bien maîtrisé alors qu’il est important de pouvoir coupe une herbe plus jeune. La valorisation du fourrage local est importante pour les filières qui possèdent une Appellation d’Origine Contrôlée, mais elle est aussi importante pour d’autres filières soucieuses de qualité.


michel.deprost@enviscope.com

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