Environnement

Bâtiment: conjoncture difficile pour les entreprises artisanales

Conjoncture difficile pour les entreprises, artisanales, dans le secteur du bâtiment notamment, confrontées à des baisses d’activité, à la fiscalité locale et à la ” paperasserie” administrative.

 Les 127 000 entreprises artisanales de Rhône-Alpes sont des entreprises de proximité, qui emploient 436 000 personnes dont 310 000 salariés. Elles sont réparties sur les territoires, proposent des services, fabriquent et distribuent des produits alimentaire, batissent. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des communes de Rhône-Alpes, accueillent au moins une entreprise artisanale.

Ces entreprises traversent des difficultés, comme l’a rappelé ce vendredi, Bruno CABUT, président de l’Union Professionnelle Artisanale (UPA) qui réunit des organisations artisanales de production, de l’alimentation, et du bâtiment avec la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB). Les entreprises artisanales de production, de l’entretien, du paysage, de la construction sont des acteurs de l’environnement et de l’énergie.

Un rôle capital pour la formation

Les entreprises artisanales du bâtiment, pour évoquer celles qui enregistrent une conjoncture difficile. Le chiffre d’affaires a reculé de 7 % dans le secteur de la construction. Le chiffre d’affaires a reculé de 1 % au niveau national. Les liquidations d’entreprises touchent les artisans du bâtiment. Le rôle des entreprises artisanales est capital pour la formation. Dans le bâtiment, 85 % des apprentis sont formés par des entreprises artisanales.

Mais la conjoncture rend l’avenir incertain. Le secteur du bâtiment, toutes entreprises confondues, a supprimé ces dernières années 7000 emplois.

Les raisons de ces difficultés, l’atonie globale de l’économie. Mais l’UPA pointe des difficultés particulières qui mettent en péril le tissu des entreprises artisanales. Les collectivités ont augmenté la fiscalité. ” Un de nos artisan, tailleur de pierre, a vu la Contribution Foncière de son entreprise augmenter de 500 à 1500 euros. Les élus ne sont souvent pas sensibles à des augmentations qui leur semblent minimes, mais qui pèsent lourd au niveau d’une entreprise” explique Bruno Cabut.

Pénible compte de pénibilité

L’Etat de son côté a accru les difficultés, la « paperasserie », qu’alourdissent la tâche des entreprises de petite taille. Le président de l’UPA Rhône met l’accent sur les difficultés imposées par le Compte de Pénibilité qui prévoit le paiement de cotisations par l’entreprise et une comptabilité précise des conditions de travail des salariés.

« Le compte  suppose qu’on tienne un décompte des heures travaillées dans certaines conditions. Parler du travail en parlant de pénibilité, c’est donner déjà une image négative du travail. Mais la tenue de ce compte est impossible et les entreprises de l’Union Professionnelle Artisanale ne pourront l’appliquer. » souligne Bruno Cabut.

Le président de l’UPA rappelle qu’en revanche les entreprises de l’artisanat, ont beaucoup agi, en accord avec les organisations de salariés, les organismes de sécurité sociale, pour réduire la pénibilité du travail, par exemple dans le secteur du bâtiment. C’est l’innovation financée en partie par les entreprises, qui a permis d’améliorer les conditions de travail et de sécurité sur les chantiers, et à  long terme la santé des salariés.

michel.deprost@enviscope.com

 

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