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Méditerranée : l’Agence de l’Eau constate une stabilité de l’état écologique

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse soutient un dispositif de surveillance de la qualité écologique et chimique de la mer et des impacts d’activités sur ce milieu. L’impact des activités de loisirs, pêche, plongée, plaisance est encore  trop lourd. Mais les données pour la période  2020-2022 indiquent une situation est plutôt stable par rapport aux années précédentes avec une bonne qualité générale des eaux côtières

 

Méditerranée
Méditerranée

     Avec plus de 90 % des eaux en bon état, l’état chimique des eaux côtières  s ur les rives françaises de la Méditerranée est conforme aux obligations de la Directiveeuropéenne cadre sur l’eau et de la Directive cadre stratégie pour le milieu marin. Aucune évolution n’est observée entre la campagne de surveillance de 2018 et celle de 2021.

      L’état des habitats marins côtiers, en particulier la vitalité des herbiers de Posidonie et du coralligène, des populations animales, la contamination des poissons par les pollutions sur la côte et au large, le suivi des microplastiques, ou de la température des eaux, sont permettent d’établir une cartographie de l’état de santé du milieu marin.

     Les concentrations sont basses ou très basses pour des molécules comme le cadmium (Cd), le mercure (Hg), le plomb (Pb), le dichloro-diphényle-trichloro-éthane (DDT), les polychlorobiphényles (PCB) ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), sauf pour quelques stations au droit des grandes agglomérations (Marseille, Toulon). C’est le cas aussi à l’embouchure de fleuves comme le Rhône et le Var, sans toutefois dépasser les normes de qualité environnementale.

      Les 10 % de la surface des eaux côtières déclassées pour être dessus de ces seuils, le sont à cause de concentrations trop importantes en PCB. C’est surtout pour la présence élevée de pyralène, dérivé chloré utilisé notamment comme isolant électrique dans les transformateurs. C ‘est aussi le cas  pour le  TBT, molécule biocide utilisée dans les peintures antisalissures pour les coques des bateaux. Ces molécules ont été détectées en 2021 sur le littoral de Villefranche-sur-Mer et le littoral de Figari, en Corse.

 

       Pour les pollutions en microplastiques, les 42 stations de surveillance indiquent une présence pour 95 % d’entre elles. Les secteurs les plus touchés sont Bonifacio, le delta du Rhône et Menton. Toutefois , sans toutefois pouvoir l’expliquer à ce stade, une baisse de 86 % de la densité de plastique entre 2012 et 2021 a été constatée dans les calanques de Marseille, aux Embiez, pour la rade de Toulon, le golfe de Saint-Tropez, la rade d’Antibes, la rade de Villefranche-sur-Mer, Figari et Rogliano.

Les herbiers détruits par les ancres des bateaux de plaisance

       L’état de santé des Posidonies est stable par rapport à en 2018 avec 11 % de surface d’herbiers de Posidonie détruite et 76 % des surfaces restantes en bonne vitalité . En revanche une perte importante d’herbiers  Provence-Alpes-Côte d’Azur est causée par les ancres des navires de plaisance. La réglementation entrée en vigueur à l’été 2021 a  porté ses fruits avec une baisse de 70 % des mouillages sur l’herbier. Ce bon résultat coïncide avec des observations de repousses de posidonie dans des secteurs proches des zones de rejets urbains d’eaux usées où la qualité de l’eau s’est améliorée, comme à Mandelieu, Fabregas, au Cap Bénat et à Cavalière.

      Pour le coralligène, 56 % des surfaces sont altérées par des activités récréatives telles que la plongée sportive et la pêche professionnelle et amateur, mais aussi des ancres des navires. Les peuplements de macro-algues en zone infralittorale sont en bon état à 85 % avec des améliorations en Occitanie du côté de Banyuls et d’Agde. Le phytoplancton est en bon état partout et 88 % des invertébrés vivant sur le fond sont en bonne santé.

 

25 % de baisse de l’abondance des poissons juvéniles

       La densité des populations de poissons reste identique, excepté pour les juvéniles dont l’abondance a baissé en moyenne de 25 % ces deux dernières années. Pour les populations adultes, une étude a été menée pendant la crise COVID de mars à juin 2020, période sans activités maritimes montre que 30 % de poissons supplémentaires sont revenus avant que la reprise des activités signe le retour à la situation antérieure.

Le changement climatique réchauffe fortement l’eau

    La surveillance de la température des eaux côtières et des anomalies telles qu’une température plus chaude, dans une zone plus profonde ou sur une durée plus longue, permet de mesurer les effets du changement climatique sur l’état écologique du milieu marin. Les premiers résultats des données 2020- 2022 mettent en évidence une zone particulièrement touchée par la hausse des températures  de la Côte bleue, à l’ouest de Marseille, jusqu’à la rade d’Hyères. Le fonctionnement hydrodynamique de ce secteur moins propice aux renouvellements des eaux côtières et l’absence de période de vents soutenus durant l’été 2021 pourraient expliquer cette situation. Ces eaux trop chaudes ont entrainé la mortalité massive de gorgones rouges et dans une moindre mesure d’éponges marines. Pour le reste du littoral, aucune ou très peu de mortalité n’a été signalée.

100 M€/ an d’aides de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse pour la mer

        Le programme d’intervention de l’agence de l’eau mobilise chaque année, en moyenne, 100 M€ sur le littoral en faveur de la protection de la Méditerranée. Depuis 2019, l’agence a investi 135 M€ pour lutter contre la pollution domestique et industrielle et 60 M€ pour désimperméabiliser les sols et déconnecter les eaux de pluie des réseaux d’assainissement afin de réduire les pollutions à la mer en provenance de l’ensemble du bassin du fleuve Rhône et des fleuves côtiers.

       La restauration de la biodiversité et l’installation de nurseries portuaires concernent 29 opérations pour 1,5 M€ d’aide. La réduction de l’impact des mouillages sur les écosystèmes marins dont notamment l’herbier de Posidonie a concerné 12 opérations pour 4,5 M€, essentiellement pour des études de définition de zones de mouillages et d’équipement légers (ZMEL). L’agence a  mis à disposition de la Préfecture maritime de Méditerranée les données acquises par les dispositifs de surveillance des habitats côtiers.

Des ambitions plus larges

      En ce qui concerne les eaux du large, les dispositifs de surveillance sont encore rares. Seules exceptions, l’évaluation de l’eutrophisation par imagerie satellitaire et dont les résultats montrent l’absence de ces phénomènes en Méditerranée, ainsi que l’accumulation des contaminants dans la chair des poissons. Les concentrations en mercure sont au-dessus des normes de qualité environnementale pour les poissons de fonds comme la roussette et le rouget dans le golfe du Lion et le sébaste, la roussette, le rouget et le merlu sur la côte Est de la Corse. Toutefois, ces concentrations sont inférieures aux normes sanitaires qui conditionnent la consommation des poissons.

       En haute mer, le renforcement des dispositifs de surveillance nécessaire pour répondre aux obligations européennes est en marche. L’agence de l’eau prendra part au financement de nouveaux besoins de connaissance.

      La fin du 11ème programme d’intervention de l’agence (2019-2024) et son 12ème programme (2025-2030) en cours de préparation marqueront une étape supplémentaire vis-à-vis de la Méditerranée. D’ores et déjà le périmètre de compétences a été étendu de 2 à 400 kilomètres des côtes. « Dans le prolongement du travail réalisé pour les milieux continentaux et en lien avec les nouveaux enjeux du changement climatique et des pollutions émergentes, notre intervention au large permettra d’identifier les actions à mener en haute mer pour continuer à améliorer la qualité des milieux et à protéger la biodiversité », témoigne Laurent Roy, directeur général de l’agence Rhône Méditerranée Corse.

    L’agence a été mandatée pour gérer les nouveaux fonds Biodiversité éolien en mer, intégrés au programme qui prévoit d’autoriser huit vastes parcs éoliens marins en France, dont 2 en Méditerranée. Les futurs exploitants de ces parcs éoliens seront tenus d’alimenter ces fonds pour financer des missions de connaissance et de protection de la biodiversité dès l’année prochaine.

    Dans son nouveau Plan de bassin d’adaptation au changement climatique l’agence met aussi en exergue les solutions pour faire face aux nouveaux défis : submersion marine, salinisation des nappes phréatiques, augmentation des risques de pollution par temps de pluie, perte de la biodiversité, dysfonctionnement des milieux… Car une Méditerranée en bonne santé est plus résiliente face aux effets du changement climatique et source de bienfaits pour tous. C’est pourquoi l’Agence de l’eau souhaite renforcer sa politique d’aides en faveur de la Méditerranée sur trois axes d’action phares : amélioration continue des systèmes d’assainissement terrestres, non dégradation et restauration écologique des fonds côtiers.

 

 

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