Environnement

Bertrand Piccard : Solar Impulse prouve que les technologies propres existent

Pour Bertrand Piccard, Solar Impulse, cet avion 100% solaire montre l’énorme potentiel de la technique, bien utilisée, pour améliorer le sort de l’humanité. L’ aventurier, des membres de son équipe et AltranTechnologies donnaient une conférence ce jeudi à CPE Lyon.

Le Ier mars 2015, Solar Impulse, avion cent pour cent mu par l’énergie photovoltaïque s’envolera d’Abou Dhabi pour un tour du monde, ponctué de longues escales, qui durera une année. A la vitesse de croisière de 45 kilomètres à l’heure, Solar Impulse prendra l’air en direction de l’Asie du Sud Est, de la Chine, des régions difficiles à survoler en raison des conditions d’ensoleillement, pour rallier au-dessus du Pacifique, le sud de l’Amérique du Nord, puis à travers l’Atlantique arrivera en Europe.

Les ailes de Solar Impulse, soixante quatre mètres d’envergure, sont l’image la plus impressionnante au premier coup d’oeil d’une prouesse technique. Elles portent à un message sur les bénéfices d’une technique bien maitrisée.

De bonnes technologies

Nous ne disons pas que Solar Impulse fera le tour du monde, nous parlons d’une tentative de tour du monde » a précisé ce jeudi, lors d’une conférence donnée à CPE Lyon, celui qui prendra les commandes en alternance avec son pilote, André Borschberg. Dans ses yeux, brillent un émerveillement d’enfant et la conviction qu’il faut développer de bonnes technologies. « L’idée d’un avion entièrement solaire est née en 2003, et la réalisation du projet, c’est pour nous comme l’arrivée du père Noël tant attendu ».

Pour mettre au point la première version de l’avion, 1 600 kilos, puis Solar Impulse 2 (2 200 kilos), il aura fallu treize ans, une équipe d’une cinquantaine d’ingénieurs et techniciens (parfois jusqu’à quatre-vingts) et l’appui de sponsors : Solvay, Schindler et le groupe français de conseil technologie Altran, dont 13 ingénieurs sont en permanence intégrés aux recherches, études, et calculs.

Solar Impulse sera bientôt prêt. Les deux pilotes se préparent à faire face à tous les incidents. Mais l’expérience est aussi une aventure extraordinaire. Bertrand Piccard attend avec jubilation les moments les plus délicats. « C’est la traversée des océans, pendant plusieurs jours, et des nuits pendant lesquelles on ne sait pas où on va, avançant dans l’inconnu, en espérant que les informations de l’équipe qui dirige le vol continueront à arriver, en espérant que le soleil sera bien au rendez-vous au bout de la nuit ».

A chaque étape, André Borschberg et Bertrand Piccard communiqueront largement sur l’avion solaire. L’enthousiasme des foules sera au rendez-vous, comme l’étaient les spectateurs des pionniers de l’aéronautique il y a cent ans. Lors d’un récent passage en Chine, plus de 65 millions de messages postés sur les réseaux sociaux ont donné un écho au défi solaire.

Et le photovoltaïque après ça ?

Le Maroc, rappelle Bertrand Piccard, se dote d’un plan solaire ambitieux avec la réalisation à Ouarzazate de la plus importante centrale photovoltaïque du monde.

C’est un message en faveur des technologies propre que Bertrand Piccard, André Borschberg, leurs équipes et leurs sponsors veulent porter. « Les technologies qui permettent d’améliorer le sort de l’humanité, en épargnant l’énergie et l’environnement, existent. Les politiques notamment y voient une contrainte, alors que ce sont des opportunités d’emploi et d’une vie meilleure ».

michel.deprost@enviscope.com

 

VOIR AUSSI