Environnement

Bouquetin: retour tranquille en Chartreuse

Le bouquetin a vocation a reconquérir de nombreux milieux qui comportent des rochers, des abrupts. Ces paisibles ruminants y trouvent la sécurité en gravissant quatre à quatre les escarpements. Les mâles en ont besoin comme les femelles gravides et leurs petits. Le bouquetin a peu de prédateur, sinon l’aigle royal ou d’autres rapaces pour les tout petits. Le bouquetin aime aussi les cavités qui lui procurent tranquilité et en été, fraicheur.
Il se plait en Vanoise, qui ne possède pas de grottes. Il est aussi très à l’aise dans les Hauts de Chartreuse dont le relief karstique lui offre d’innombrables cavités.
C’est sans doute une des raisons pour lesquelles les bouquetins introduits en Chartreuse en mai 2010 sont plu. Relâchés sur le hameau de la Plagne, ils ont tranquillement pris possession des alpages, faisant leur place entre quelques troupeaux, sur les versants du Granier, côté massif ou côté Grésivaudan. L’herbe grasse des Hauts de Chartreuse bien arrosée par les précipitations a permis à la population de profiter. Les accouplements qui avaient eu lieu avant l’installation ont abouti à trois belles naissances en juin 2010 et les cabris de portent bien. Les animaux se sont peu disséminés. Un mâle s’est simplement égaré depuis trois mois sur une large vire, en suivant des femelles.On le laissera faire face à son sort.
Le directeur du Parc, a symboliquement ce vendredi, aidé à poser les plaques de couleur verte portant la mention Parc Naturel Régional de Chartreuse sur les oreilles d’un mâle capturé en Vanoise. Il a installé au cou de l’animal le collier émetteur qui permettra de le suivre. L’effectif du parc de Chartreuse de plus de trente individus.
Le bouquetin a peuplé une large partie de l’Europe il y a des milliers d’années. Puis les populations ont reculé partout, devant les fusils pour finir par n’être qu’une poignée de quelques centaines d’individus dans le secteur du Grand Paradis, en Italie, aux confins du Val d’Aoste et de la Savoie. C’est le roi italien Victor Emmanuel II, qui décida dans les années 1850 de créer une réserve de chasse où l’animail pourrait vivre sans craindre l’homme et ses fusils. Confortées en Italie par la création du Parc National du Grand Paradis, elles se sont développée en France, avec la création du Parc National de la Vanoise qui englobe les vallées supérieures de l’Isère et de l’Arc,.
Des populations ont été confortées en Suisse, mais surtout en France, d’abord dans le périmètre du Parc National de la Vanoise. Le bouquetin a été depuis le Vanoise, réintroduit dans le Vercors. La dispersion des individus permet de retrouver une certaine variété puis d’éviter la consanguinité, comme d’éventuels problèmes de santé.

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