Hydraulique

Bourg Saint-Maurice : le projet de centrale hydraulique sur l’Arc critiqué par l’Autorité environnementale

L’avis de la mission régionale de l’Autorité environnementale juge le projet de centrale hydraulique sur le torrent de l’Arc, sur le territoire de la station des Arcs, de ” mauvaise qualité”. Le dossier ne prend pas en compte les effets du changement climatique.

La société ADS prévoit la création et l’exploitation d’une micro-centrale hydroélectrique pour une durée de 40 ans, utilisant la force des eaux du torrent de l’Arc, sur le territoire de la commune de Bourg-Saint-Maurice, au sein de la station de ski des Arcs dans le département de la Savoie.
Le projet, d’une puissance maximale brute de 648 kW, vise à dériver puis turbiner un débit de 150 litre par seconde avec une chute d’environ 440 m en laissant un débit réservé de 15 litres par seconde seulement ( 10% du débit turbiné )  dans le tronçon court-circuité long de 3 200 m. Il permettra de produire 1,83 GWh/an d’électricité. Le projet se développe à partir d’une prise d’eau existante destinée au réseau de production de neige artificielle.
Pour la mission régionale de l’Autorité environnementale, outre le développement des énergies renouvelables, les princi paux enjeux sont  les milieux naturels terrestres, la biodiversité avec notamment les espèces piscicoles,les milieux aquatiques, et le classement en grande partie du cours d’eau à l’inventaire des frayères du département de la Savoie. La mission souligne qu’il convient de prendre en compte  la ressource en eau potable avec notamment la localisation du projet au sein d’un périmètre de protection rapproché de captage. Enfin doit être prise en compte la vulnérabilité du projet face au changement climatique.

Un projet de mauvaise qualité

Or, pour le mission régionale de l’Ae, le dossier présenté par la société ADS  est de ” mauvaise qualité”, selon les termes même de l’avis. Le projet souffre de multiples carences.  Ainsi, la  “mauvaise”  définition du périmètre de projet sera à reconsidérer par le pétitionnaire, avec la nécessité d’une prise en compte complète des éléments du projet nécessaires à la production hydroélectrique ainsi que des éléments des réseaux neige de culture modifiés suite à la reprise de la prise d’eau des Plagnettes.

Le dossier présente un état initial de l’environnement ( nécessaire pour évaluer l’impact) défaillant en matière d’hydrobiologie ou de qualité des milieux aquatiques. L’avis souligne l’absence de prise en compte de la vulnérabilité du projet au changement climatique alors que dans même temps, ”  les impacts sur le cours d’eau sont nettement sous estimés avec des prélèvements qualifiés de faibles, alors que le tronçon court-circuité sera mis en étiage toute l’année.

Au final, le dossier au vu de ses insuffisances,  ” au regard de l’enjeu qu’est la ressource en eau dans le contexte du changement climatique ne fournit pas, notamment au public, une information suffisante sur les incidences des opérations projetées, qui doivent en outre être analysées à l’échelle du projet d’ensemble. Il doit être complété et représenté pour avis à l’autorité environnementale avant toute présentation au public et délivrance d’une autorisation. L’ensemble des recommandations de l’Autorité environnementale est présenté dans l’avis détaillé.

https://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/les-missions-du-pole-autorite-environnementale-de-a21591.html

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