Les spécialistes du cancer avaient constaté que la consommation d’alcool est un facteur de risque des cancers des voies aéro-digestives supérieures : cancers de la bouche, du larynx, du pharynx et de l’œsophage. Plusieurs indices indiquent aussi qu’une variation dans les enzymes qui métabolisent l’alcool(les alcool- deshydrogenases (ADH)) pourrait influencer la susceptibilité individuelle au cancer.
Paul Brennan et ses collègues du CIRC ont genotypé 6 variants ADH chez plus de 3 800 individus atteints d’un cancer des voies aéro-digestives supérieures. Ces variants ont été comparés à ceux de plus de 5 200 témoins n’ayant pas développé ce type de cancer.
Métabolisation de l’alcool 100 fois plus rapide
Les chercheurs du CIRC ont identifié des gènes qui codent la production d’enzymes qui métabolisent l’alcool en diminuant le risque de cancer des voies aéro-digestives supérieures : cancers de la bouche, du larynx, du pharynx et de l’œsophage. Un variant de chacun des gènes ADH1B et ADH7 était significativement protecteur contre les cancers spécifiquement chez les buveurs d’alcool. Ce variant étant encore plus fortement chez ceux dont la consommation d’alcool était la plus élevée. Les individus porteurs du variant protecteur en ADH1B sont connus pour métaboliser l’alcool jusqu’a 100 fois plus vite que ceux qui en sont dépourvus.
Les résultats illustrent le rôle que joue l’alcool dans l’étiologie de ces cancers. Les gènes en question n’ont aucun effet chez les non-buveurs d’alcool, mais jouent un rôle de plus en plus important au fur et a mesure que la consommation augmente.
Pour accéder à l’article en anglais sur le site de Nature Genetics: http://www.nature.com/ng/journal/v40/n6/abs/ng.151.html