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EPICA fait parler les carottes glaciaires de l’Antarctique

EPICA fait parler les carottes glaciaires de l’Antarctique

   Décerné par l’union européenne, d’un montant total de 1,36 million d’euros, le prix Descartes pour la recherche est attribué chaque année à des projets qui, dans le cadre d’une collaboration européenne, conduisent à des résultats scientifiques ou technologiques exceptionnels dans tous les domaines des sciences naturelles ou des sciences humaines.


  Trois laboratoires français, dont le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement de Grenoble (LGGE) et l’IPEV, l’Institut polaire français Paul-Émile Victor, ont été des acteurs majeurs de la réussite du projet européen EPICA. Les enregistrements climatiques exceptionnels réalisés à partir des carottages en Antarctique ont fourni des informations d’une importance extrême pour la compréhension du changement climatique en cours.


Deux carottages pendant plusieurs années


 


    Deux carottages ont été réalisés sur deux sites très reculés et diamétralement opposés de l’Antarctique de l’Est, où la calotte glaciaire est épaisse de plus de 3000 mètres : au Dôme C (75°06’S, 123°24’E) et dans la région de Dronning Maud Land (75°00’S, 0°01’E). Les opérations de forage ont pris plusieurs années et ont été conduites dans des conditions climatiques extrêmes, avec une température moyenne annuelle de -54,5 °C au Dôme C et de -44,6°C à Dronning Maud Land. Les carottes et échantillons de glace ont ensuite été rapatriés et analysés dans différents laboratoires européens.


 


    Ces carottages ont donné accès à l’évolution au cours du temps de divers paramètres : la température, l’accumulation de neige, la composition des aérosols atmosphériques, la concentration de l’atmosphère en gaz à effet de serre, l’activité solaire et l’intensité du champ magnétique, ainsi que le flux de matériaux d’origine extra-terrestre. Le carottage réalisé au Dôme C a ainsi permis de reconstruire, sur plus de 800 000 ans, soit le double de la période couverte par les précédents enregistrements, les variations de la température et de la composition de l’atmosphère en gaz à effet de serre en Antarctique. Celui pratiqué dans la région de Dronning Maud Land a permis en outre d’étudier de façon extrêmement détaillée le couplage entre les climats des hémisphères Sud et Nord.


 


   (1) le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement de Grenoble, le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement de Versailles, le Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse de Paris.


http://glaciog.ujf-grenoble.fr/

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