Champignons: le pic d’intoxication passé, le risque reste

Les conditions météorologiques pluvieuses ont multiplié les cas d’intoxication enregistrés par le réseau des Centres antipoison et de toxicovigilance (CAPTV), ont fortement augmenté en septembre . Le pic d’intoxication a été  plus précoce qu’en 2012.

Sandra Sinno-Tellier, de l‘Institut de Veille Sanitaire (INVS),  en charge du dossier,  nous a apporté des éléments supplémentaires.

Un enfant de 18 mois a du subir une greffe du foie après avoir consommé des champignons toxiques. L’enfant n’a pas consommé les champignons accidentellement en les cueillant au hasard d’une promenade en forêt ou dans un jardin. Il les a consommés lors d’un repas familial qui a conduit à l’intoxication grave d’autres membres de la famille. 

Fait extraordinaire, l’enquête n’a pas permis d’identifier les champignons en cause. En tous les cas, les symptômes constatés, n’ont aucun rapport avec les troubles occasionnés par les champignons décrits par la famille…ces comportements reflètent sans doute ne naïveté quant aux propriétés de produits naturels. Ils témoignent d’un éloignement d’un public citadin du monde naturel.

Ignorance des risques

Cet accident montre non seulement à quel point certains champignons peuvent être dangereux, mais aussi à quel point certains publics n’ont aucune notion des risques. 

Les intoxications sont parfois causées encore par des idées reçues. Les champignons blancs seraient bons. Comme les champignons cueillis dans les jardins. Ce qui est évidemment loin d’être le cas.

Trop grande quantité consommée

Certaines intoxications peuvent être causées par l’absorption d’une trop grande quantité d’un champignon réputé comestible. Pour les champignons comme pour d’autres produits, le poison peut constituer la dose.

Confusion

Les intoxications sont la conséquence dans la majorité des cas, d’une confusion avec des champignons comestibles. Certaines personnes pratiquent la cueillette sans chercher à identifier les champignons et sans connaître les risques d’intoxication avant leur consommation.

Prudence au plus fort de la saison

Les intoxications ne sont pas seulement le fait de ramasseurs eux-mêmes. Le pic de la saison mycologique entraine la création de toute économie éphémère. Des ramasseurs arrivent par centaines dans les forêts le mieux dotées et réalisent de véritables razzias de cèpes, de chanterelles ou de trompette de la mort.  Ces récoltes sont apportées aux restaurateurs, dans le commerce, et sur les marchés.

On les retrouve aussi sur les marchés ou à la sauvette dans des circuits qui poussent …. …comme des champignons. Or dans leur hâte de réaliser un chiffre d’affaires, et dans leur ignorant, ces ramasseurs peu scrupuleux et peu rigoureux, ramassent des espèces  non comestibles confondues avec des espèces comestibles. Ces ventes ne sont pas contrôlées par les services de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des Fraudes (DGCCRF) qui ne dispose pas des effectifs suffisants . Il est arrivé que des intoxications suivent la consommation de ces champignons.

Surtout les ramasseurs ne prennent pas la précaution de faire examiner leur récolte par des spécialistes. Ils ignorent que des sociétés mycologiques  ou des mycologues amateurs peuvent être consultés aisément en période de cueillette. Certains associations peuvent tenir des permanences, organiser des expositions.

Enfin, certains consommateurs pensent qu’ils peuvent s’adresser aux pharmaciens. Certes, ces professionnels ont ue formation initiale en botanique qui leur permet de connaitre les champignons, de pouvoir les identifier. Mais de nombreux pharmaciens, en ville ne connaissent plus les champignons, faute de pratique et faute de formation permanente.

michel.deprost@enviscope.com

 En 2011, 1 458 cas d’intoxication ont été enregistrés par les CAPTV et 550 passages aux urgences pour intoxications par des champignons ont été enregistrés En 2012, 520 cas d’intoxication par des champignons ont été enregistrés par les CAPTV entre le 1er juillet et le 17 octobre. Le réseau OSCOUR® a enregistré 170 passages aux urgences pour intoxications par des champignons pendant la même période.

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