Environnement

Recherches sur la Chimie verte : les échanges franco-chinois avancent à Lyon

La deuxième conférence franco-chinoise sur la Chimie verte ( Sino-french conference on green Chemistry) a eu lieu lundi et mardi à Lyon. Après la première édition en Chine, la conférence de Lyon a fait le point sur les recherches pour une chimie plus propre, plus économe en énergie, en matières premières, utilisant éventuellement des matériaux renouvelables, voire bio-sourcés.

Une quarantaine de chercheurs ont répondu à l’inviation des organisateurs, Bruno Andrioletti, professeur des Université à l’Université Lyon 1(1)  et Yves Queneau, Directeur de recherche au CNRS (1).

La chimie verte reconnue

La ” chimie verte” avance en France. L’idée a fait son chemin dans le domaine de la recherche où les chercheurs intéressés par cette chimie moins classique, longtemps minoritaires, sont pleinement reconnus. La chimie verte a été développée au sein de l’industrie chimique, pour réduire les risques, les rejets polluants, la consommation d’énergie, la consommation de matière. La catalyse, méthode qui permet d’optimiser les réactions a été un moteur de cette révolution et Lyon est une place forte de cette discipline. La chimie verte s’est développée au sein des pôles de compétitivité, comme AXELERA, d’abord pour remédier à des atteintes à l’environnement. Mais AXELERA s’intéresse aussi à l’usine chimique du futur et depuis moins longtemps aux matériaux biosourcés, c’est à dire tirés du végétal.

La chimie verte pour la remédiation

En Chine, le chemin a été différent. Les Pr. Huafeng Jiang (South China University Of Technology), Yanquin Wang ( East China University of Science and Technology) et Guochan Yin ( Huazhong University of Science and Technology) , ont rappelé que la Chine , pays en développement est confrontée à des défis immédiats: produire de l’énergie, produire des carburants, produire des biens de consommation.

Les incitations , pour la formation, la recherche, la production, viennent essentiellement de l’Etat central, qui planifie les actions pour cinq ans. La Chimie verte développe essentiellement des techniques de remédiation pour réduire la pollution de l’air et la pollution de l’eau, éco-ressource essentielle.

Des avancées pour le charbon propre

La Chine n’inscrit pas encore dans ses priorités, le remplacement des  matériaux fossiles par des matériaux biosourcés. ” Nous avons fait beaucoup de progrès dans l’utilisation propre du charbon” souligne la Pr Yanqin Wang. Mais la Chine s’intéressera rapidement à ces voies nouvelles, pour lesquelles les chercheurs français ont défriché de nombreuses pistes.

La Conférence sino-française sur la Chimie verte ouvre des perspectives de coopération franco-chinoise à plusieurs niveaux. Les chercheurs français cernent mieux les attentes de leurs collègues chinois, savent quelles thèmes de travail leur proposer. Les chercheurs chinois savent qu’ils peuvent compter sur des expériences françaises dans de nombreux secteurs. Rendez-vous pour la troisième conférence en Chine…

michel.deprost@enviscope.com

1) Bruno Andrioletti, est professeur à l’Université Lyon 1, enseignant à CPE Lyon et travaille à l’Institut de Chimie et de Biochimie Moléculaires et Supramoléculaires.

2) Yves Queneau travaille à l’Institut de Chimie et de Biochimie Moléculaires et Supramoléculaires, Unité Mixte de Recherche Université Lyon 1-INSA de Lyon, CPE Lyon.

La table ronde finale a été animée par Michel Deprost, d’Enviscope.

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