Économie durable

Christian Buchel, Enedis : la transition énergétique appelle des changements de postures

Pour le directeur Clients et Territoires  d’Enedis, la transition énergétique impose des changements de posture.

Christian Buchel, Directeur clients et Territoires d' Enedis
Christian Buchel, Directeur clients et Territoires d’ Enedis. ©M. Deprost

Les urgences climatiques imposent d’accélérer les transformations des modèles énergétiques. Pour un pays comme la France, cette transition impose de passer d’un système très centralisé, à un système réparti, d’un système avec quelques technologies à un bouquet de technologies. Il est nécessaire de changer de culture, de vision du monde, de mode de fonctionnement.

Cette révolution, Enedis est en train de l’accomplir, estiment ses responsables. L’entreprise est une filiale à 100 % d’EDF dont elle est indépendante sur le plan juridique, puisque la distribution doit être neutre par rapport aux fournisseurs d’électricité.

Enedis est concessionnaire de la gestion de 95 % des réseaux d’électricité, proprietés des collectivités. Ces dernières ne sont plus seulement des consommatrices d’électricité dépendant d’un fournisseur unique. Elles sont devenues des acteurs de la production d’énergie. Le gestionnaire des réseaux de distribution doit donc répondre aux demandes d’élus confrontés à des contraintes budgétaires et soucieux de prendre des initiatives en faveur du climat et de l’énergie. Enedis doit plus jamais écouter, innover, trouver des réponses à des questions complexes.

« Cette mutation impose des changements de postures », estime en substance Christian Buchel, directeur clients et Territoires d’Enedis. Cette évolution se traduit dans les relations relations que l’entreprise entretient aujourd’hui avec une association comme Hespul, qui, lorsque le réseau d’électricité était géré par EDF il y a une quinzaine d’années, croisait le fer avec une organisation en situation de monopole, arc boutée sur un système quasiment « tout nucléaire ».

Au fil des années, sur le terrain, face à des problèmes concrets (production photovoltaïque irrégulière, raccordement au réseau, etc.) les échanges qui étaient sources d’incompréhension, de blocages, se sont déplacés sur le terrain de la confiance et de l’ouverture. Le chemin a été long et laborieux. Mais les cultures se sont croisées et enrichies. David a beaucoup apporté à Goliath. La transition est aussi culturelle.

michel.deprost@enviscope.com

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