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Commerce extérieur et environnement, même combat

Certains penseront qu’en parlant de déficit du commerce extérieur on est à cent lieues de questions d’environnnement ! Commerce extérieur, exportation, déficit, ce sont des mots étranges… Compétitivité, c’est carrément un gros mot.

Or, le déficit du commerce extérieur de Rhône-Alpes pour le deuxième trimestre consécutif allume un énorme feu rouge. Il indique que la compétitivité de l’économie régionale serait en train de s’éroder au point de basculer dans le négatif.

Environnement et compétitivité

Pourtant, le lien est étroit entre environnement, développement durable et échanges commerciaux. L’intérêt de la proximité optimale ne doit pas concerner qu’une certaine agriculture locale et les abonnés aux paniers AMAP.

Alors que chacun reconnait qu’une mondialisation débridée est lourde de conséquences sociales et environnementales, une mondialisation régulée est nécessaire. Des règles de l’Organisation Mondiale du Commerce visent cet objectif, quelles que soient les entorses et les difficultés d’y porter remède.

Les règles du commerce international interdisent le dumping , la vente à perte. Elle visent  à proposer sur le marché des produits au meilleur rapport qualité-prix.

Le déficit du commerce extérieur de Rhône-Alpes, signifie  que les entreprises de la région ont vendu à l’étranger moins qu’elles y ont acheté. D’abord, cela coûte cher, car il faut globalement financer ces  achats alors qu’on vend moins.

De plus en plus loin

Ce constat signifie que les produits viennent de plus en plus loin, d’Asie du Sud Est, et pas seulement. Cela veut dire qu’ils coûtent en transport, en émissions de carbone, en énergie , et cela veut parfois dire qu’ils ne sont pas parfois réalisés en respectant des normes sociales et environnementales. Plus nous seront dépendants d’importations, plus notre économie sera dépendante de normes sociales et environnementales extérieures.

Se soucier de l’environnement, ce n’est pas seulement se soucier de l’environnement proche et des ressources. C’est se soucier  des conditions de production des objets que nous consommons. C’est le cas des téléphones mobiles qui concentrent des métaux rares parfois exploités dans des conditions inadmissibles.

Laisser à d’autres les nuisances et les emplois

C’est évidemment le cas pour l’énergie.  Plusieurs associations reprochent régulièrement au groupe français d’Etat AREVA de ne pas faire assez pour la santé des travailleurs des mines d’uranium du Niger. C’est le cas aussi des exploitations de gaz naturel dans certaines régions de Sibérie. Pour certains , des gaz de schistes exploités très proprement et localement en France, même à des échelles modestes, auraient la vertu de ne pas laisser à d’autres pollutions et nuisances.

L’usine du futur

Tout cela veut dire qu’il faut parler à la fois d’environnement, d’écologie et même d’écologie industrielle. Il faut que l’usine du futur soit enracinée dans son territoire, et qu’elle puisse proposer des produits au meilleur rapport qualité prix. Pour ne pas creuser le déficit du commerce extérieur.

michel.deprost@enviscope.com

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