Économie durable

Dans une Europe crépusculaire, la vague verte de l’espoir

Pour Michèle Rivasi, eurodéputée sortante, réélue lors du scrutin européen du dimanche 26 mai, une “autre Europe” est possible, soustraite aux influences des lobbies et de l’argent.

En votant comme jamais pour les écologistes dans beaucoup de pays de l’Union Européenne , les citoyens/nes ont souhaité que l’Europe ne se résume plus à un grand marché où la loi de l’argent et celle des lobbies règnent en maîtres absolus. En envoyant plus de 70 eurodéputées écologistes dans toute l’Europe, le signal est donné qu’une autre Europe est possible : écologique, ouverte, solidaire et citoyenne.

Je tiens tout d’abord à remercier les électeurs/trices qui ont voté pour notre liste EELV […]. Avec mes amis écologistes au Parlement européen, je continuerai à batailler contre les lobbies qui nous empoisonnent, le nucléaire, la malbouffe, les pesticides… Je me battrai avec l’ensemble des écologistes pour la santé, la transparence démocratique et scientifique. Pour une autre Europe : celle des communs, celle de demain.

Deux leçons sont à tirer de ce scrutin : l’impasse libérale et la perte de sens de l’idéal européen a conduit une bonne partie des citoyens à tomber dans le piège du national populisme fondé sur le repli identitaire et nationaliste, la peur de l’autre, le rejet de l’étranger et des solidarités entre les peuples.

Mais à côté de cela, un peu partout en Europe, on assiste à une poussée des écologistes portée par la génération climat et l’urgence écologique qui pèse avec la crise climatique, la crise sanitaire générées par les pollutions et l’effondrement du vivant.  Dans ce paysage crépusculaire, et face à une Union Européenne sans boussole, somnambule, la poussée des écologistes permet de garder espoir. Un désir d’une autre Europe est né.

Cette alter-Europa est possible : c’est celle des communs, de l’écologie, de l’accueil, de la solidarité…

L’écologie, alternative au libéralisme et à l’extrême droite

En France, les écologistes renouent avec leurs scores historiques de 2009. Aussi, si nous additionnons l’ensemble des forces qui défendaient un projet fondé sur une écologie répondant à l’urgences sociale, démocratique et écologique (LFI / Place Publique / Génération.s / Urgence écologique), cela fait près d’un tiers de l’électorat.

L’écologie politique est bien devenue l’un des quatre blocs qui polarisent l’électorat national aux côtés des libéraux, des conservateurs et des nationaux populistes. Et ce bloc est même en tête sur ces élections. Cependant, atomisées comme les résultats le montrent […], les forces représentant les écologistes et la gauche de transformation ne sont pas en capacité de peser à leur juste mesure dans le débat public et de représenter une alternative face à un modèle libéral-productiviste destructeur du vivant et du climat.

Un chemin commun doit s’inventer pour bâtir un nouveau récit : celui d’une écologie sociale et citoyenne fondée sur la sobriété énergétique, l’interdépendance planétaire, l’autonomie et l’émancipation de toute forme de domination et d’aliénation. Créons un archipel de l’urgence sociale, écologique et démocratique avec l’ensemble des acteurs d’une écologie de transformation.

Convergeons, construisons des ponts entre l’écologie en mouvement (Alternatiba, Extinction Rebellion, Greenpeace…) et les forces politiques et les élus qui souhaitent transformer le réel dans les institutions en s’appuyant sur la mobilisation citoyenne. Aujourd’hui, tout commence.

 

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