Le Tribunal administratif de Grenoble statuait, ce jeudi 18 décembre sur quatre recours de suspension des travaux engagés dans la forêt de Chambaran en Isère. Les premières délibérations seront rendues le 23 décembre prochain.
Pros comme anti-projet Center Parcs ont fait ce matin le déplacement place de Verdun à Grenoble, devant le Tribunal administratif. Celui-ci devait juger en référé quatre recours déposés par quatre associations[1] demandant la suspension de l’arrêté du préfet de l’Isère du 3 octobre 2014, autorisant au titre de loi Lema sur l’eau, la réalisation d’un Center Parcs sur la commune de Roybon et du 16 octobre 2014 autorisant la SNC Roybon Cottages à capturer, enlever ou détruire des spécimens des espèces protégées et à détruire ou altérer leurs habitats.
Après l’intervention, ce mardi sur la chaine d’information BFM-TV de la ministre de l’Ecologie, qui demandait à ce qu’on écoute les avis des enquêtes publiques, le moral des opposants au projet était certainement remonté.
Les deux week-ends précédents c’était les défenseurs qui avaient fait montre de leur nombre, se retrouvant près de 2000 chaque fois sur le site de Roybon.
Ce matin les deux camps ont dû patienter en vain, puis que les premières délibérations n’interviendront que le 23 décembre prochain.
Dans le même temps, plusieurs représentants du monde associatif, comme la Frapna rappellent les arguments sur le fond, qualifiant l’opération de « plus grande opération de destruction de zone humide menée depuis des décennies en Rhône-Alpes ».
Un avis que ne partage évidemment pas le président du Conseil général de l’Isère, qui dans un courrier adressé à la ministre de l’Ecologie, ce mardi 16 décembre, soutient que “le travail mené avec les associations de protection de l’environnement et les services de l’Etat a été mené avec rigueur, à la hauteur de l’excellence environnementale attendue sur un tel projet.”
Michèle Rivasi, la députée européenne demande, elle, « un débat public, sur l’opportunité et les impacts du projet, qui permettrait au public d’avoir une vision globale des enjeux ; de pallier l’absence de concertation préalable sur ce dossier et d’avoir des conditions d’indépendance et de contradictoire garanties. »
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[1] La Fédération de la Drôme pour la pêche et la protection du milieu aquatique et l’union régionale des fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique Rhône Alpes (19 nov), l’association « pour les Chambaran sans center parcs » (26 nov), l’Union régionale fédération Rhône-Alpes protection de la nature (8 déc).