Biotope

EDF suit les moutons au GPS pour du débroussaillage raisonné

En plein cœur de la chaine de Belledonne au-dessus de Grenoble, EDF mène une opération de compensation biodiversité en équipant des moutons de GPS, pour suivre leur parcours sur le terrain. Le troupeau participe à la restauration du site pour favoriser la reproduction des tétras lyre.

Ce mercredi 25 juin, l’énergéticien a équipé de colliers GPS quatre « bêtes meneuses » d’un troupeau, qui compte 700 moutons, avant leur montée en estive. Leur équipement doit permettre de suivre les pratiques pastorales actuelles sur le site de Combe Madame, à La Ferrière dans la chaîne de Belledonne. Le projet consiste à faire réaliser la restauration et l’entretien de certaines parties de ce site (débroussaillage), notamment celles propices à la reproduction des galliformes, tétras lyre ou petit coq de bruyère, par des troupeaux plutôt que par des machines, dans un souci de préservation de l’environnement. A la fin de l’estive, les données des colliers seront récupérées et traitées pour identifier les lieux de pâture des moutons.

Cette expérimentation se déroule pour la deuxième année consécutive. Le projet vise à permettre au berger, dès l’année prochaine, d’utiliser les données récoltées pour guider son troupeau notamment vers les zones du site de Combe Madame à enjeux de protection de l’habitat des galliformes.

Un projet de compensation environnementale

Suite à un appel à projet lancé en 2011, EDF et l’association Initiative Biodiversité Combe Madame (IBCM) ont été retenues par le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie pour expérimenter un mécanisme de compensation biodiversité[1] sur le site de la Combe Madame en Isère. Ce projet expérimental vise à réhabiliter certains alpages afin d’y créer des conditions d’habitats favorables à la faune et la flore.

Autour du site de Combe Madame EDF est propriétaire de 1 350 hectares, un foncier important et écologiquement sensible, puisque située majoritairement dans, ou, à proximité immédiate de zones naturelles protégées. En se lançant dans le projet, l’énergéticien anticipe ainsi ses futurs besoins de compensation sur une moitié des 130 hectares, qui font l’objet de l’opération, et en cédant des unités de biodiversité, pour l’autre moitié les besoins de compensation d’autres maîtres d’ouvrage. Le site étant hétérogène, quatre types d’unités ont été proposés à la vente (milieux alpins, aquatiques, forestiers semi-ouverts et forestiers fermés), selon une méthode d’évaluation développée spécifiquement pour l’opération en partenariat avec des chercheurs (MNHN, CNRS).

L’opération est prévue pour une durée de 8 ans, à l’issue desquels la propriété des terrains restera à EDF, mais la pérennité des actions mises en œuvre sera assurée, notamment par l’intégration de l’ensemble du site dans une Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage.

 


[1] Les opérations de compensation biodiversité sont mises en place par le ministère de l’Ecologie pour, comme leur nom l’indique, compenser la destruction des milieux par les activités humaines. C’est la troisième phase du triptyque pratiqué en matière de protection de l’environnement : Eviter, réduire, compenser. Elle consiste pour un maître d’ouvrage propriétaire d’une zone naturelle à la restaurer. Le terrain est ensuite divisé en lots, unités de biodiversité, qui peuvent être cédées à d’autres maîtres d’ouvrage, qui achètent ainsi des droits.
Bien que très encadrées, souvent pilotées par CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des Dépôts, ces opérations divisent les ONG, certaines dénonçant le cynisme de la vente de ces « droits à polluer ».

 

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