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L’avenir des EnR au 2e Forum de l’énergie de Grenoble Ecole de Management

De D. à G., Jean Therme (CEA), Marie Mugler (Dalkia), Olivier Cateura (GEM), Jean-Luc Habermacher (Vallée Energie) absents sur la photo, Oliver Dufour (Rio Tinto) et Fabien Laleuf (ABB) pour débattre de l'énergie et de la comptétitivité [Photo Enviscope]
De D. à G., Jean Therme (CEA), Marie Mugler (Dalkia), Olivier Cateura (GEM), Jean-Luc Habermacher (Vallée Energie) absents sur la photo, Oliver Dufour (Rio Tinto) et Fabien Laleuf (ABB) pour débattre de l’énergie et de la comptétitivité [Photo Enviscope]

GEM (Grenoble Ecole de Management) organisait ce mardi 25 mars son 2e forum de l’énergie. Plusieurs séries d’intervenants sont venus apporter leur contribution au débat qui abordait les thèmes de la recherche, du financement et de la compétitivité.

Comme l’a rappelé à plusieurs reprises tout au long de l’après-midi, Olivier Cateura, professeur à GEM et directeur du mastère spécialisé « Management et marketing de l’énergie », il y a pour les étudiants de l’école dans le domaine de l’énergie des opportunités et de beaux projets professionnels à réaliser.

De très nombreux intervenants avaient été conviés, comme ceux de l’Ademe ou du pôle de compétitivité Tenerrdis, pour témoigner de l’avancement de la recherche et de la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Dans ce domaine Rhône-Alpes est plutôt en pointe et Grenoble en particulier à travers ses start-up adossées aux grands laboratoires, développe des spécificités comme la filière de l’hydrogène. La jeune entreprise McPhy Energy, spécialiste du stockage de l’hydrogène sous forme solide, vient d’ailleurs de réussir de façon spectaculaire son entrée en bourse.

Il reste de l’argent pour financer les EnR 

Dans le domaine du financement également étaient présents BPI France, la toute nouvelle Société régionale d’investissement Oser, ainsi que le département Financements de Schneider Electric. Tous investissent dans le domaine de l’environnement et des EnR. « Il y a encore de l’argent, même s’il y en a moins qu’avant » explique Jean-Michel Gliner, président d’InnovaFonds. Malgré des tarifs de rachat en baisse, qui plombent aujourd’hui le développement de l’éolien et du photovoltaïque français, l’avenir est très prometteur. « Il faut raisonner à l’international et ne pas tenir compte des tarifs de rachat », complète Jean-Philippe Stefanini, general partner d’Emertec, qui lance son 3e fonds de 47,5 M€ dans le cadre du dispositif du Fonds national d’amorçage. De fait dans le sud de l’Europe, en Italie par exemple, les courbes de prix de l’électricité solaire et celles d’origine fossile sont sur le point de se croiser.

Energie, industrie et compétitivité

L’avenir est prometteur, mais pour l’instant la France n’est pas en avance. C’est plutôt de cette façon que Jean Therme, directeur de la recherche technologique du CEA, aborde la question. « En France, on aime bien faire des grosses choses, on a plus de difficultés avec ce qui décentralisé » ajoute-il. Même s’il est convaincu de l’avenir des renouvelables (le vent et le soleil sont gratuits, l’impact sur l’environnement est très faible et la technologie fera baisser les prix), il prévoit dans le secteur de l’énergie une révolution à laquelle nous sommes peu préparés. Pour lui nous allons connaitre la même rupture, que celle des pays émergents dans le domaine du téléphone, qui sont passés directement au smartphone. C’est l’invasion des données, de l’information dans l’énergie (les fameuses smart grids) qui rend le sujet complexe.

Sur ce point Marie Mugler, directrice générale adjointe du groupe Dalkia, semble plus confiante, expliquant qu’en qualité de thermiciens ils intervenaient localement sur de petites unités. Pour Jean-Luc Habermacher, président du cluster la Vallée de l’Energie (Belfort-Montbéliard) et Oliver Dufour, directeur des affaires publiques Europe de Rio Tinto Alcan, tout est question de compétitivité et de choix politiques. Dans le cas de Rio Tinto Alcan, électro-intensif qui produit 2 Mt d’aluminium / an, le coût de l’énergie est déterminant. Les Allemands, par exemple, dont le prix d l’électricité est plus élevé, en réduisant les coûts de transport et rémunérant mieux l’effacement arrivent à un coût de 9 € de moins au MW/h.

antoine.reboul@enviscope.com

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