Environnement

Dépollution des sols : mode d’emploi

C’est un marché méconnu mais qui a connu une forte croissance ces dernières années : le marché de la dépollution des sols. La prise de conscience en matière de limitation de l’étalement urbain et la pression sur le foncier disponible ont de plus en plus conduit les collectivités à s’intéresser à la réhabilitation de friches industrielles, parfois situées au cœur ou à la jonction de deux quartiers. Seul problème : ces sites font parfois l’objet d’une pollution qui prend des formes diverses : pollution aux hydrocarbures, au plomb ou encore aux composés organiques volatils.

Une pollution qui peut poser problème : d’abord par la contamination des nappes phréatiques et des eaux de surfaces, mais aussi par le fait que ces pollutions peuvent par la suite être une source de contamination dans les immeubles amenés à occuper l’emprise foncière. Les évolutions réglementaires de la dernière décennie ont contraint certains vendeurs industriels à procéder à d’importantes dépollutions sur leurs terrains. Or pour traiter cette pollution avant aménagement des surfaces, différentes techniques de dépollution sont applicables suivant l’extension de la pollution, la nature des sols et des polluants, et le délai au terme duquel un site doit être rendu propre.

La dépollution par confinement

Cette technique de dépollution consiste en une isolation in situ ou sur site des sols pollués afin d’éviter la migration de la pollution, via la dépose en sous-sol d’une paroi au coulis étanche et d’une membrane PEHD en surface. Si cette technique est peu onéreuse, le maintien des terres non traitées sur le site est l’un des principaux inconvénients de cette dernière. En outre, en cas de cessation d’activité, le propriétaire peut être contraint d’évacuer les matériaux pollués.

Les traitements sur site

Les traitements sur site consistent en une excavation et un tri des terres polluées, et en un pompage des eaux, avec traitement de celles-ci sur le site. Les matériaux traités sont par la suite remis en place ou évacués. Ce traitement sur place évite notamment le transport de ceux-ci sur un lieu de dépollution. Mais cette technique exige en contrepartie une certaine place sur le site, et prend plus de temps que le traitement en usine de dépollution.

Le traitement en lui-même peut se faire par voie biologique, via l’accélération naturelle des polluants, ou par désorption thermique. Dans ce dernier cas, les polluants sont chauffés entre 400°C et 700°C. Les gaz sont incinérés à des températures de 750°C à 1200°C avant rejet. Une autre technique consiste en un lavage des sols sur site. Les polluants sont entrainés par un fluide qui fait ensuite l’objet d’un traitement.

Mais les sols ne sont pas les seuls concernés par la pollution : souvent les eaux de sous-sol sont souvent polluées au même titre que les sols eux-mêmes. Dans le cas de polluants volatils, comme les solvants ou l’essence, on appliquera la technique dite du « stripping » qui consiste en une volatilisation des composés dissous par optimisation des surfaces d’échanges air/eau. Pour les eaux polluées, on peut également passer par la filtration au charbon actif.

Les traitements « in situ »

Dans le cas d’un traitement des polluants « in situ », les matériaux sont traités en place. Il n’y a donc pas de mouvements de matériaux, ce qui, en pratique, nécessite moins de place que dans le cas d’un traitement sur site via excavation. Ainsi, ce type de dépollution peut très bien être réalisé sur un site en activité. Parmi les autres avantages de cette technique, on peut également citer le fait que les travailleurs sont moins exposés à la source de pollution.

Toutefois, cette technique a, elle aussi, ses propres limites. Elle est plus souvent destinée au traitement des polluants volatils. Elle nécessite également une bonne perméabilité des sols ainsi qu’une bonne transmissivité de la nappe. Des essais pilotes sont, en outre, souvent nécessaires. Parmi les principaux procédés utilisés pour le traitement in situ, on peut citer le venting, qui est utilisé dans 80% des cas pour ce type de traitement. Cette technique consiste en une mise en dépression du sol par aspiration puis en un traitement des gaz extraits avant rejet à l’atmosphère.

Plusieurs exemples dans le Grand Lyon

Dans le Grand Lyon, de nombreux sites industriels ont ainsi fait l’objet d’une dépollution : parmi les plus emblématiques on peut citer Confluence, sur de nombreux sites précédemment occupés par la SNCF, ou encore à Collonges au mont d’Or, où un site de 7 hectares va être traité, suite à une pollution aux hydrocarbures datant de la Seconde guerre mondiale. Dans ce dernier cas, 26000 m3 d’essence avaient été déversés dans le sol pour éviter que les nazis ne s’en emparent. Cette dépollution va être engagée sous maitrise d’ouvrage de l’ADEME. Enfin, au Grand Trou, sur un de ses anciens sites, le groupe suisse Givaudan a préalablement procédé à une dépollution de son terrain, du fait de la présence de nombreux composants organiques volatils dans les sols, conséquence de l’ancienne activité de fabrication de fragrance du site.

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