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Des films antibactériens révolutionnaires imaginés à l’EPFL

L’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, signale que des chercheurs ont mis au point un procédé de fabrication de surface antimicrobiennes permettant de créer en milieu hospitalier un environnement stérile contre les infections nosocomiales. 

La plupart des films actuels sont instables et difficiles à industrialiser. Des scientifiques de l’EPFL ont trouvé comment développer des films stables, uniformes, hautement adhésifs et aux effets antibactériens ultrarapides. Ils proposent la pulvérisation cathodique magnétron à impulsions haute puissance (HiPIMS). Leur travail fait l’objet d’une publication dans Surface & Coatings Technology.

La technique proposée par l’équipe de César Pulgarin permet de déposer pour la toute première fois des films antimicrobiens de dioxyde de titane et cuivre (TiO2/Cu) sur des surfaces en polyester 3D. Le TiO2 et le cuivre permettent en effet une jonction homogène avec le support. Ils favorisent la production de radicaux libres, de puissants produits chimiques et bactéricides.

La méthode permet d’explorer différentes combinaisons métalliques de façon systématique et contrôlée. Les films déposés sont ultrafins et leurs couches morphologiquement plus denses et résistantes qu’avec des techniques traditionnelles comme le sol-gel. Les surfaces recouvertes via la HiPIMS résistent mieux à la corrosion et à la dégradation environnementale. Alors queles films actuels sont actifs en présence de lumière, les films TiO2/Cu sont actifs pendant la nuit, la production graduelle d’ions de cuivre ayant des effets bactéricides même dans le noir. Les scientifiques ont testé les films sur la durée de vie d’E. coli, bactérie souvent utilisée dans les tests préliminaires de dépistage: les films TiO2/Cu déposés par la HiPIMS commençaient à ralentir la prolifération d’E. coli à des vitesses bactéricides jamais atteintes.

La nouvelle technologie pourrait changer la manière dont les surfaces antimicrobiennes sont implémentées. Ses résultats publiés, l’équipe de César Pulgarin collabore désormais avec l’Hôpital Universitaire de Lausanne (CHUV) et l’Université de Lausanne (UNIL) afin de tester cette nouvelle technique sur les micro-organismes pathogènes en milieux hospitaliers.

Sources
Sami Rtimi, Oualid Baghriche, Cesar Pulgarin, Jean-Claude Lavanchy, John Kiwi, Growth of TiO2/Cu films by HiPIMS for accelerated bacterial loss of viability, Surface and Coatings Technology, http://dx.doi.org/10.1016/j.surfcoat.2013.06.102

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