Eau

Les économies d’eau priorité pour l’ Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse

Le programme de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse prévoit un effort considérable sur l’assainissement, et une fiscalité de l’eau au plus raisonnable possible pour les ménages et l’économie. Le plan sera mis en oeuvre par les services déconcentrés de l’État (Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement et Directions départementales des territoires) et l’ONEMA (Office national de l’eau et des milieux aquatiques.

Le plan de l’Agence  mobilisera 14 000 emplois pour sa mise en oeuvre, dont 10 000 dans le secteur des BTP. Les  3,65 milliards d’euros du plan sur 6 ans déclencheront, par effet de levier, 10 Mds€ de travaux sur le territoire. La contribution des ménages à travers leur facture de consommation d’eau passe de 90 à 86% du financement du programme.

Quarante pour cent des territoires du Sud-Est souffrent de pénurie chronique en eau. En l’absence de mesure, le réchauffement climatique aggravera cette situation et avec l’urbanisation. D’énormes économies d’eau sont  donc nécessaire et possibles :

– en luttant contre les fuites des réseaux d’eau en ville

– en modernisant l’irrigation agricole.

225 millions d’euros pour lutter contre le gaspillage

L’agence investira 266 M€ pour soutenir des projets d’économies d’eau. L’objectif d’économiser chaque année 20 millions de m3 de plus, c’est-à-dire l’équivalent de la consommation d’eau de Montpellier.
Dans les secteurs où les déficits de la ressource en eau sont avérés, l’Etat agira sur le volet réglementaire pour économiser l’eau et contrôler les prélèvements, et incitera à la mise en oeuvre d’une mobilisation équilibrée de la ressource.

Libérer les captages d’eau potable des pesticides et des nitrates

Chaque année, les ménages français payent un surcoût de 400 à 700 € pour dépolluer l’eau des pesticides et des nitrates, nécessaire pour 40% des captages. Cette dépollution revient 2,5 fois plus cher que de compenser les agriculteurs pour ne pas polluer.

L’Agence Rhône Méditerranée Corse doublera son soutien financier (190 M€) pour lutter contre les pollutions agricoles et cible les captages d’eau potable. L’Etat continuera ses actions pour  la réduction de l’utilisation des pesticides. Les actions suivantes seront mises en place:

-formation pour une utilisation responsable des pesticides,

-création d’un réseau de fermes pilotes pour mutualiser les bonnes pratiques,

-mise en ligne de bulletins d’alerte sur l’arrivée des parasites,

-programme de contrôle de tous les pulvérisateurs de produits phytosanitaires

L’Etat révise pour fin 2012 la cartographie des zones dites vulnérables aux nitrates sur lesquels les exploitants agricoles doivent respecter des règles agronomiques renforcées pour ne pas polluer.

Poursuivre l’effort sur l’assainissement

Après 20 ans d’investissement les indicateurs de qualité des eaux sont positifs. Toutes les communes de plus de 15.000 habitants seront en 2013. La priorité de l’assainissement se concentre sur les stations des plus petites villes et sur la gestion des eaux usées par temps de pluie. L’agence  Rhône Méditerranée Corse investira 783 millions d’euros.

Un fonctionnement naturel des cours d’eau

Deux-tiers des rivières du bassin Rhône -Méditerranée ont subi d’importantes déformations physiques. Deux-tiers des zones humides ont disparu depuis un siècle sous la conjonction de trois facteurs : intensification des pratiques agricoles, aménagements hydrauliques inadaptés, pression de l’urbanisation et des infrastructures de transport.
L’agence de l’eau doublera ses aides à la restauration des milieux aquatiques en les portant à 414 M€  pour rétablir la libre circulation des poissons et des graviers sur 600 seuils et barrages. Ces aides permettront de restaurer  100 km de rivière et 10 000 ha de zones humides.
L’Etat continuera à faire appliquer l’obligation inscrite dans le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) de compenser à 2 pour 1 les zones humides détruites. L’Etat fera aboutir en 2013 la procédure de nouveau classement des cours d’eau : une première liste de cours d’eau à valeur patrimoniale reconnue dont la continuité sera préservée (interdiction de construction de barrages et seuils) et une liste de cours d’eau avec une obligation de rétablissement de la continuité d’ici 2018.

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