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ECRINS: une convention pour un alpinisme respectueux de la montagne

Le Parc National des Ecrins, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, la Compagnie des Guides Oisans -Ecrins, le Syndicat des Syndicat national des gardiens de refuges et gîtes d’étapes,la Fédération des clubs alpins et de montagne, Mountain Wilderness, l’Association des élus des collectivités territoriales du parc national des Ecrins, LONF et Jeunesse etSoprt ont signé une nouvelle convention pour une pratique de l’alpinisme compatible avec les milieux naturels.

Le Massif des Ecrins est depuis le dix-neuvième siècle,  un des massifs où l’alpinisme est né. Les alpinistes y ont multiplié les premières ascension, ont exploré vallées, somets, arêtes,  en cherchant l’itinéraire le plus aisé. Découvreurs  d’espaces inconnus (Whymper, Coolidge), scientifiques, géographes, géologues,  ou militaires, en charge d’une mission d’utilité publique (capitaine Durand) ont laissé récits et cartes et les voies libres pour la pratique des générations d’alpinistes qui leur ont succédé.

Aujourd’hui, les équipements sont en place selon une démarche planifiée et concertée: refuges, sentiers, câbles ,échelles, pour faciliter l’accès à la haute montagne. Les alpinistes  économisent leurs moyens de progression et de sécurité en les récupérant au fur et à mesure de leur ascension. D’innombrables voies sont  ouvertes sur les faces, les piliers et les couloirs sans que des matériels subsistent.

L’arrivée de nouveaux matériels

Mais certaines avancées techniques ont dénaturé certains usages. De nouveaux matériels tels que la cheville métallique à expansion fixée dans un trou réalisé avec un perforateur permettent de gravir en sécurité les falaises compactes, sans fissure. Ces ancrages assurant la protection du grimpeur restent à demeure.

L’escalade en falaise, placée au rang de discipline sportive se déroule souvent sur des sites de proximité à une altitude moindre. Elle posent des enjeux environnementaux avec l’augmentation des équipements et de la fréquentation. C’est pour les Ecrins, le cas sur les falaises entourant les hameaux d’Ailefroide et de la Bérarde.

Des réflexions enggée en 1991 aboutissent en 1992 à la signaute d’une première conventon par la Fédération française de la Montagne et de l’Escalade, le Club alpin français, Mountain Wilderness, la Compagnie des guides, les maires, l’Office national des Forêts, le mnistère de la Jeunesse et des Sports, le Parc national des Écrins et l’association des élus des collectivités territoriales du parc.

Les principes de cette nouvelle convention :

– respecter la trajectoire historique de l’alpinisme sans en dénaturer ce qui détermine son essence et ses valeurs d’ordre éthique.

– préserver des espaces de haute valeur écologique, paysagère et culturelle de façon à les transmettre aux générations futures ;

– préserver de vastes espaces de vie sauvage dépourvus d’équipements sportifs ou de loisirs de façon à permettre à l’Homme un contact avec la nature ni transformée ni adaptée pour sa présence ;

– considérer que, même si l’escalade, l’alpinisme et par extension le canyonisme s’exercent le plus souvent en harmonie avec les éléments naturels, il convient en circonstances particulières de réguler la fréquentation et de réglementer les aménagements.

La mise en œuvre passe par:

–  un zonage des falaises de proximité (moins d’une ½ h de marche d’un accès en véhicule terrestre), distinguant celles sur lesquelles des équipements permettent l’escalade dans une relative sécurité et celles sur lesquelles l’absence d’équipement permet de réduire la fréquentation et de préserver les milieux, les espèces naturelles sensibles et la quiétude des lieux. Cette disposition est prise dans le cadre d’un arrêté du directeur en date du 29 novembre 2011.

– un régime d’autorisation de nouveaux équipements sur ces falaises et dans les canyons. Disposition également prise dans le même arrêté.

– la préservation du caractère sauvage de la haute montagne, le respect de l’histoire de l’alpinisme en évitant la dénaturation des voies anciennes et en limitant les installations d’aide à la progression aux cas nécessitant un équipement de sécurité au motif d’un changement manifeste de la configuration du relief (retrait glaciaire, éboulement).

– des travaux au sens du code de l’environnement sont soumises à l’autorisation du directeur du Parc national. Il s’agit notamment des câbles, échelles fixées à demeure, passerelles et marche-pieds métalliques.

– l’orientation des équipements d’escalade dans les falaises de proximité situées en aire optimale d’adhésion ( en dehors de la zone centrale) éviter le dérangement des espèces sensibles.

1) La convention a été signée par:-

-Le directeur du Parc national des Ecrins, Bertrand Galtier,

-le président de la Fédération française de la montagne et de l’escalade, Pierre You,

-le président de la Compagnie des guides Oisans-Ecrins, Abdou Martin –

-Le président du Syndicat national des gardiens de refuges et gîtes d’étapes, Jean-Claude Araman

– Le président de la Fédération des clubs alpins et de montagne, Georges Elzière

– Le président de Mountain Wilderness, Frédi Meignan

– Le président de l’Association des élus des collectivités territoriales du parc national des Ecrins, Bernard Héritier –

La directrice de l’agence 05 ou le directeur de l’agence 38 de l’Office national des forêts

– Le directeur régional PACA ou RA du ministère de la santé, de la jeunesse et des sports.

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