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EDF et AREVA : l’Etat actionnaire doit simplement afficher sa stratégie

 François Hollande a annoncé que le nucléaire allait être mis à contribution pour financer les énergies renouvelables. Il est de bon ton de faire payer cette énergie dans une sorte de punition symbolique.

Le montage risque d’être très compliqué alors que l’Etat est tout simplement déjà actionnaire majoritaire d’EDF et AREVA, deux groupes publics leaders mondiaux, engagés dans le nucléaire et déjà, dans les énergies renouvelables . En dehors du nucléaire, on peut même rappeler que l’Etat est actionnaire majoritaire de la CNR, champion des renouvelables.

 L’Etat prélèvera un impôt supplémentaire sur EDF….alors que l’Etat reçoit déjà d’EDF un confortable dividende. Imaginer un impôt en plus risque de pénaliser le groupe.

Stratégie industrielle

Une autre stratégie pourrait être poursuivie, dans la ligne de la stratégie actuelle, faire des champions mondiaux du nucléaire sans les décrédibiliser, sans les considérer comme des vaches à lait, les vrais champions des renouvelables qu’ils ne sont pas encore au niveau industriel, mais qu’ils ont la capacité de devenir.

Il faut prendre un peu de recul  et voir que l’Etat actionnaire peut influencer la stratégie des groupes en annonçant clairement qu’ils ont vocation comme entreprises publiques, d‘être des groupes poursuivant leur développement dans les renouvelables.

Une vraie action d’Etat stratège consisterait à montrer politiquement la cohérence sans communication politique. Ce serait déplaire ceux qui raisonnent par exclusive mais ce serait dans la  logique des choses. En France l’électricité s’est développée avec EDF et CNR dans l’hydraulique. EDF s’est  développée ensuite avec le charbon, le fioul, le gaz avant de miser sur l’atome.

Une vision intégrée du développement de trois entreprises

L’avenir doit être construit logiquement, rigoureusement, méthodiquement, avec un cap affiché, des objectifs de recherche, d’emplois, la montée en charge de la diversité pour chaque entreprise évidemment autonome, soumise à des critères exemplaires de rentabilité durable.

Le débat ne devrait donc pas être électoral, mais technique, capitalistique, financier,  c’est à dire non pas idéologique mais objectif.

L’approche industrielle est celle qui manque à la France et dont ne parle pas le Président de la République qui se réfugie dans l’idéologie. Une telle approche pourrait mobiliser des capitaux et drainer de l’épargne nationale autour d’une vision hexagonale  mais aussi mondiale.

michel.deprost@enviscope.com

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