Énergie

Electricité: Jean-Pierre Vial veut que l’effacement et les capacités soient encouragés

Jean-Pierre Vial, Sénateur de Savoie, ardent défenseur des énergies renouvelables, a défendu  lors de la récente discussion du projet de loi sur la «  transition énergétique », une proposition en faveur du développement de l’effacement.Le Sénateur a mis en avant les enjeux  «  des industriels gros consommateurs et de leur place dans la transition énergétique. »  IL a rappelé que la région Rhône-Alpes regroupe plus de 50 % des industries électro-intensives. Le rapport Gallois a rappelé le parlementaire,  place les énergies de l’industrie au rang de ses préoccupations.

«  Je ne vous cacherai pas la déception que j’ai éprouvée en constatant que l’industrie n’a pas trouvé sa place dans le débat relatif à la transition énergétique. »

«  À l’heure où tous les pays industriels mobilisent leurs capacités énergétiques en faveur de leur Industrie, avec le charbon dans bon nombre de pays, y compris en Europe, ou le gaz de schiste aux États-Unis, la France serait bien inspirée de valoriser ses capacités de production plus vertueuses que tant d’autres. » a rappelé Jean-Pierre Vial.

Le sénateur savoyard met en avant  l’effacement et le marché capacitaire, qui répondent directement aux préoccupations des industriels gros consommateurs. Ces systèmes de gestion  permettraient de réduire leur facture d’électricité de 10 % à 15 % par an tout en satisfaisant aux enjeux de la transition énergétique.

Pour Jean-Pierre Vial, deux chiffres suffisent à planter le décor. Il y a  un peu plus de dix ans, EDF procédait à plus de 6 gigawatts d’effacement par an. Aujourd’hui, c’est moins de la moitié. » « Les États-Unis, que l’on a tendance à considérer uniquement à travers le gaz de schiste, ont depuis plusieurs années engagé une politique d’effacement qui dépasse les 10 % de leur production d’électricité, soit plus de vingt fois les volumes de l’effacement en France.

En France en 2013, la production électrique  peut être considérée comme stable, puisque la faible progression qu’elle a enregistrée concerne essentiellement les exportations. La production hydraulique a crû de plus de 19 %, tandis que les moyens thermiques ont diminué de 7 %. En dépit de cette réduction des capacités thermiques, le charbon a progressé en France de plus de 14 %. Il représente aujourd’hui la moitié de la production thermique nationale. Sur les 29 millions de tonnes de CO2 correspondant à la production d’électricité en France, 19 millions sont liés au charbon.

Parallèlement, rappelle Jean-Pierre Vial, «  l’effacement est tombé à l’un de ses plus bas niveaux historiques, alors que les moyens dont disposent aujourd’hui les industriels sur ce front auraient permis de compenser largement la production de charbon. » Pour l’industrie électro-intensive du silicium dont l’énergie représente plus de 20 % des coûts la non-mobilisation de cet effacement prive l’entreprise de sa marge d’équilibre.

« Tandis que la France persiste dans sa résistance face à l’effacement, aux États-Unis, la seule Californie mobilise plus de 200 millions d’euros pour assurer une politique efficace en la matière. L’Allemagne, l’Italie et l’Espagne consacrent chacune 300 millions d’euros à l’amélioration de cette efficacité énergétique. Le Japon vient de s’engager dans cette démarche. Même l’Afrique s’aperçoit du bénéfice qu’elle pourrait en tirer. Le seul Cameroun, dont la capacité électrique est cent fois inférieure à celle de la France, va procéder à un effacement du même volume que notre pays.

Pour Jean Pierre Vial, le Réseau de transport d’électricité français  peut être considéré comme un véritable outil de référence. «  Toutefois, quand vous visitez la salle de contrôle de RTE et que vous demandez pour quelles raisons on n’emploie pas des énergies propres plutôt que du charbon, on vous répond simplement que c’est une question politique, laquelle ne relève pas de l’opérateur. »

«  Pour bénéficier de cette capacité d’effacement, une seule chose manque à notre pays. Ce n’est pas une loi. Ce ne sont pas des outils. C’est la volonté politique ! Elle permettrait à nos industries de bénéficier de ces capacités d’effacement. Sur le plan écologique, elle nous permettrait de répondre aux enjeux en termes d’émissions de CO2. Sur le plan économique, elle garantirait une réduction, pour les gros consommateurs, de 10 % à 15 % de leur facture d’électricité. Enfin, elle concourrait à l’ambition de la transition énergétique.

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