Énergie

Les entreprises veulent une transition énergétique coordonnée par l’Europe

La situation énergétique de l’Union européenne inquiète les consommateurs qui voient leurs factures augmenter. Elle alarme aussi les chefs d’entreprises. L’énergie a été, avec l’innovation et le financement des entreprises, un des thèmes de la réunion du Fodere, qui regroupe les représentants du patronat de quatre Régions moteurs de l’Europe et de Suisse Romande.

Dans le Baden Wurtemberg (Arbeitgeber Baden-Wuerttemberg  et Landesverband der Baden-Wuerttembergischen Industrie) un des premiers länder allemands sur le plan industriel, les entreprises paient encore l’énergie à un prix inférieur au prix demandé aux consommateurs. Beaucoup d’entre elles sont exonérées du financement des énergies renouvelables, comme l’éolien. Mais le patronat, rappelle Dieter Hundt , président de Arbeitgeber Baden-Wuerttemberg est inquiet de possibles modifications qui augmenteraient les charges des entreprises.

En Espagne, rappelle Joaquin Gay de Montellà Ferrer-Vidal, Président du Fomento del Trabajo Nacional les entreprises ne sont pas seulement confrontées à la sortie de crise du pays, mais aussi aux effets d’un développement des renouvelables qui a fait monter les prix. L’Espagne reste dépendante sur le plan énergétique et fortement importatrice de gaz.

En Italie, rappelle Marco Gay, vice-président de Confindustria Piemonte, la question énergétique est sérieuse. La pays a totalement renoncé au nucléaire et doit importer beaucoup de gaz, et parfois d’énergie nucléaire de France. Une facture énergétique lourde n’empêche pas l’Italie d’être compétitive et d’avoir un commerce extérieur excédentaire.

En Suisse Romande, Nicolas Brunschwig, Président de la Fédération des entreprises romandes rappelle que le pays a décidé de sortir totalement du nucléaire. Mais le scénario de la transition qui met en avant les économies d’énergie et le renouvelables n’est pas entièrement crédible. La Suisse peut compter sur des importations énergie nucléaire de France.

En France les industries consommatrices d’énergie (gaz ou électricité) veulent conserver l’avantage d’un prix de l’énergie compétitive, permis par le nucléaire. ” C’est un avantage que nous souhaitons conserver “, explique Bernard Gaud, Medef Rhône-Alpes, qui rappelle les handicaps des entreprises françaises sur d’autres plans.

Départ des activité et des emplois

La déclaration finale du Fodere rappelle que « les coûts croissants de l’énergie en Europe conduisent progressivement à un déplacement des industries à forte intensité énergétique et, par conséquent, à la suppression du premier maillon de la chaîne de valeur industrielle, ce qui en fait l’un des risques les plus importants en matière de croissance et de compétitivité. »

Les entreprises sont conscientes de la nécessité d’une transition qui réduise la dépendance de l’Europe, prenne en compte les enjeux environnementaux de long terme, notamment le climat.

Une cohérence européenne

Mais, pour le Fodere, la transition “doit placer la compétitivité des entreprises au centre des décisions de façon à ne pas peser sur le coût de l’énergie “.

Il faut une plus grande cohérence des politiques européennes. Une réforme du marché du carbone doit aboutir à des prix qui incitent à investir dans des énergies peu carbonées. Il faut un marché de capacité pour garantir la rentabilité des centrales électriques et le financement des énergies renouvelables. Le développement des investissements ne peut se faire seulement en fonction des règles du marché dans le court terme.  

L’Europe doit préserver des filières d’excellence en recherche et développement pour l’exploitation de nouvelles sources d’énergie. Sous entendu, une exploitation rigoureusement propre des hydrocarbures non conventionnels peut être envisagée. Il faut aussi privilégier la diversité du mix énergétique.

Les membres du Fodere rappellent que l’énergie a joué un rôle fondamental dans la construction de l’Europe. Jean-Jack Queyranne, président du Conseil Régional Rhône-Alpes a rappelé le rôle de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier après la deuxième guerre mondiale. Il estime que l’Europe de la transition énergétique doit renouveler cettt initiative.

michel.deprost@enviscope.com

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