Contamination par le mercure : la convention internationale est entrée en vigueur


La convention internationale contre le mercure est entrée en vigueur hier 16 août. La chercheuse genevoise  Vera Slaveykova, responsable d'une équipe de chercheuses de l'Université de Genève qui ont travaillé sur la bioaccumulation et les effets de ce métal explique.

 

D'où les concentrations de mercure proviennent-elles ?

 Vera Slaveykova, Chercheuse à l'UNIGE : la contamination par le mercure est toujours un problème sanitaire potentiellement inquiétant ( photo UNIGE)

Vera Slaveykova, Chercheuse à l'UNIGE : la contamination par le mercure est toujours un problème sanitaire potentiellement inquiétant ( photo UNIGE)

Même si le mercure est naturellement présent, les activités humaines ont fortement perturbé son cycle naturel. Les deux formes du mercure, le mercure et le méthylmercure, qui se concentrent dans la chaîne alimentaire, en commençant par le phytoplancton, ont leur origine dans les sources naturelles et dans activités humaines. Le mercure a été utilisé dans l’orpaillage, dans des différents processus de l'industrie chimique, par exemple l’industrie chlore-alkali, au niveau d'électrodes contenant du mercure. Les émissions sont aussi importantes au niveau des centrales thermiques utilisant du charbon. C'est donc le cas en particulier pour la Chine, mais pas seulement. Enfin, de nombreux objets contiennent du mercure, comme les thermomètres et le mercure est utilisé dans certains procédés, comme les amalgames dentaires.

 

Comment ce mercure se comporte-t-il dans l'environnement?

Dans l'environnement, les composés de mercure circulent entre l'air, la terre et l'eau jusqu'à leur enfouissement dans les sédiments. Le mercure peut être en particulier mis en circulation à travers des poussières, et s'élever par évaporation et se déplacer avec les masses d'air humide. Il peut se trouver finalement dans les régions polaires et sommets des montagnes, par " l'effet sauterelle», autrement dit, par plusieurs cycles d'évaporation et de condensation en fonctions des températures. C'est pourquoi on trouve chez les ours polaires qui se nourrissent exclusivement de poissons, des concentrations dix fois supérieures au taux normal.

Dans l’eau le mercure, et en particulier le méthyl mercure possède un très fort potentiel de bioaccumulation et bioamplification. Ça veut dire que dans les organismes en haut de la chaine trophique sa concentration est forte.

 

Quels effets le mercure provoque-t-il chez les organismes comme le phytoplancton?

Les composés de mercure pénètrent dans le phytoplancton comme l'algue verte microscopique que nous avons étudiée. Il y provoque des altérations  au niveau de l'expression des gènes. Ils peuvent  compromettre la capacité des organismes à réaliser la photosynthèse, donc à extraire de l'oxygène du dioxyde de carbone de l'air. Or, le phytoplancton des océans produit la moitié de l'oxygène présent dans l'atmosphère.

 

Quel est le niveau de pollution actuel par le mercure?

Les émissions de mercure ont été très importantes entre les années 1930 et 1970 lorsque la combustion de charbon a été très développée et quand la chimie a utilisé des procédés recourant au mercure. On cherche depuis des années à réduire les émissions de mercure dans l'environnement, mais les émissions sont encore importantes.

 

Où les mesures de protection en sont-elles ?

Le Convention de Minamata est justement entrée en vigueur ce 16 août. Le texte de la Convention a été adopté par la Conférence de plénipotentiaires en  2013, au Japon, puis a été ouvert à la signature. La Convention a pour but de protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et rejets anthropiques de mercure et de ses composés. Elle prévoit des mesures  qui visent à réglementer l’offre et la demande de mercure, notamment en limitant certaines sources de mercure telles que l’extraction primaire, et à réglementer les produits contenant du mercure et les procédés de fabrication faisant appel au mercure ou à ses composés. Elle encadre l’extraction artisanale et à petite échelle de l’or pour laquelle le mercure est utilisé.

Certaines dispositions visent le stockage écologiquement rationnel du mercure et de ses déchets et la remise en état des sites contaminés. Le texte prévoit aussi la fourniture d’une aide aux pays en développement ou à économie en transition et met en place le mécanisme qui fournira des ressources suffisantes pour apporter des solutions aux problèmes posés par le mercure.

 

 

 

 





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