Éolien

EOLIEN: des rentabilités parfois excessives selon la CRE

Le rapport de la Commission de régulation de l’Energie analyse des taux nets de retour sur investissement d’un échantillon de projets. Les taux de retour sont très supérieurs au coût moyen du capital, ce qui justifie selon la CRE, l’adaptation du soutien public.

La Commission de Régulation de l’Energie a publié un rapport sur le rentabilité des énergies renouvelables, pour évaluer la justification des aides publiques. La CRE a étudié une quarantaine de parcs formant un échantillon représentatif.

Huit parcs ont unTRI  ( Taux de retour sur investissement) projet après impôts inférieur à 4 %. Il s’agit de parcs ayant un faible productible, inférieur à 1 850 heures par an, ou présentant des coûts d’investissement plus élevés du fait des écarts d’acquisition liés aux rachats de projet. En effet certains projets ont été portés successivement par plusieurs structures, chaque structure vendeuse voulant légitimement céder à un prix correspondant aux frais qu’elle a engagés. Exception faite de cette deuxième catégorie, la rentabilité faible traduit des conditions de vent peu favorables.

Quinze parcs ont des TRI projet après impôts de plus ou moins 1 % autour du Cout Moyen du Capital (CMPC) de référence. Ces  parcs montrent un équilibre entre un niveau d’investissements relativement élevé (1 600 k€/MW en moyenne) et des conditions de vent satisfaisantes (2 170 heures de fonctionnement par an en moyenne).

 Des rentabilités exceptionnelles voire excessives

Enfin, 16 parcs présentent un  TRI supérieur ou très supérieur à 6 %. Ces installations bénéficient pour la plupart d’un gisement favorable, avec des durées de fonctionnement supérieures à  2 400 heures, et un niveau d’investissement maitrisé (moins de 1 400 k€/MW en moyenne). Les six installations les plus rentables ont des coûts d’investissement inférieurs à 1 250 k€/MW et  fonctionnent entre 2 400 et 2 800 heures par an, ou bénéficient de ressources en vent exceptionnelles (3 800 h/an). Leur TRI projet après impôts excède 10 %.

Les installations de cette famille, qui représentent de l’ordre de 40 % du panel, ont une rentabilité supérieure au CMPC de référence voire excessive. Au-delà de 2 500 heures de fonctionnement par an, la rentabilité des parcs à terre excède significativement le CMPC de référence.

Un retour intéressant pour les actionnaires

La CRE a réalisé une estimation du Taux de  retour pour les actionnaires.

Neuf parcs ont des taux de retour inférieur à 5 %. Sept  parcs ont un faible TRI projet, et deux présentent un endettement nul. La rentabilité dégagée par les actionnaires est insuffisante en l’espèce.

Dix parcs ont des TRI actionnaires compris entre 5 et 10%. Ces  parcs présentent un TRI projet entre 4 et 6 %, combiné à un effet de levier important avec un ratio d’endettement de l’ordre de 80 %, permettant d’atteindre une rentabilité satisfaisante pour l’actionnaire.

Quatorze parc ont des taux  TRI actionnaires supérieur à 10 % et inférieur à 50 % (14 parcs) Il s’agit de parcs pour lesquels l’effet de levier induit par la part importante de dette bancaire dans le financement, de l’ordre de 85 %, génère une rentabilité significative aux actionnaires, avec des taux de rentabilité qui s’échelonne de 11 à 38 %.

Six parcs ont un TRI actionnaires supérieur à 50 %. Ces parcs ont un ratio d’endettement très élevé, de l’ordre de 95 %, pour lesquels l’effet de levier accentue très significativement la rentabilité des projets. La plupart des parcs de cette famille ont des TRI actionnaires supérieurs à 100 % et allant jusqu’à 220 %. Ces parcs, qui présentent des TRI projet après impôts de l’ordre de 10 %, apportent une rémunération très significative à l’actionnaire et dès lors une très forte rémunération de l’investissement. La moitié des parcs éoliens à terre du panel permettent d’atteindre des rentabilités significatives, voire très significatives, pour leurs actionnaires.

michel.deprost@enviscope.com

VOIR AUSSI