Énergie

Eurafric 2014 : l’Afrique reste un énorme marché potentiel pour les renouvelables

Malgré l’instabilité politique de certains pays, des conflits, des risques sanitaires, une croissance encore fragile, l’Afrique conserve un énorme potentiel de développement pour les énergies renouvelables. C’est ce qu’a montré ce mardi, l’ouverture d’Eurafric 2014 à Lyon.

La croissance économique se poursuit en Afrique, au Maghreb comme au sud du Sahara. Cette croissance est tirée par les exportations de matières premières, pétrole, minerais, produits agricoles. Cette croissance peut être fragile, a rappelé Bernard Dunis, lors de l’ouverture du 14 ème Forum Eurafric, mardi matin, à la Cité Internationale de Lyon. Le directeur interrégional de la Coface ( Compagnie d’assurance du commerce extérieur qui assure par exemple les ventes de matériels pour les énergies renouvelables et l’eau sur le continent 1).

La croissance en Afrique est encore dépendante de l’extérieur, des marchés, comme des aides financières. Elle n’est pas encore ” endogène”. En Afrique subsaharienne, l’industrie pèse encore peu, et les services se développent moins que dans d’autres régions, mais ils progressent, comme c’est le cas de la téléphonie. Des dizaines de millions d’Africains possèdent un téléphone mobile, qui révolutionne les habitudes.

Mais de nombreux pays africains présentent aussi des conditions plus stables : l’inflation est maîtrisée, les finances publiques sont assez saines.

De nombreux pays africains sont engagés dans une transition énergétique qui les pousse à développer les énergies renouvelables. Certains pays possèdent du pétrole, mais beaucoup doivent acheter au prix fort cette énergie. Les renouvelables sont une solution évidente comme l’ont rappelé lors du Forum, les ateliers de l’après-midi, sur l’énergie, mais aussi sur l’eau.

Électrifier les campagnes

Plusieurs pays se sont dotés de plans pour donner accès à l’électricité à une part croissance de la population. Le but est d’électrifier les villes que peuple l’exode rural. L’électrification est un moyen de freiner la fuite des campagnards. L’électricité améliore les conditions de vie (communication, éclairage, santé) et elle permet de développer l’agriculture (pompage de l’eau, irrigation, conservation).

De centaines d’entreprises françaises sont présentes sur le continent. Le pôle de compétitivité Tenerrdis (énergies renouvelables). Savoie Technolac (Le Bourget du Lac, Savoie) s’intéresse à l’Afrique , non seulement au Maghreb mais aussi à l’Afrique subsaharienne, a rappelé Marie Popkowska, responsable de l’international du technopole. Ines-Formation, qui dépend de l‘Institut National de l’Energie Solaire. “L’Ines est aussi engagé dans le domaine de la formation sur les renouvelables, au Cameroun, au Burkina Faso, au Sénégal”, a rappelé Jean-Marc Bernard.

Or, les sources d’électricité renouvelables sont nombreuses. Le solaire photovoltaïque peut largement alimenter les régions d’Afrique, non seulement sahéliennes, mais aussi tropicales et même équatoriales. ” Des progrès sensibles ont déjà été réalisés “, explique Bassary Toure, vice-président de la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad).

Des financiers existent, ont rappelé les intervenants de la table ronde consacrée au financement. La Banque Mondiale, l’Etat français, proposent des montages financiers. La priorité est donnée aux partenariats public-privé. Une jeune société comme Finergreen, est spécialisée dans le montage de dossiers, pour les rendre plus crédibles aux yeux des investisseurs et des financeurs. Les fonds sont là, mais les dossiers doivent être solides souligne Bassary Toure.

michel.deprost@enviscope.com

 

1) La Compagnie prend en charge, dans le cadre de contrats divers les risques liés à des exportations, en fonction de risques pays, mais aussi de risques présentés par les acheteurs.

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