Environnement

Grand Stade… …Et si Lyon s’éveillait… par François-Noël Buffet

S’il ne doit y avoir qu’une seule idée qui fasse consensus sur le projet de l’Olympique Lyonnais, c’est bien qu’aujourd’hui le Grand Stade est devenu un outil essentiel pour le développement de notre territoire. Malgré les rénovations mises en œuvre pour la Coupe du monde de 1998, la France accuse en effet un immense retard au niveau de ces équipements pour accueillir de grands événements internationaux ainsi qu’un public plus large avec la sécurité, la convivialité et le confort requis. Je n’ai, pour ma part, jamais changé d’avis à ce sujet en affirmant chaque fois que c’était nécessaire que j’étais favorable à ce que l’OL se dote d’un grand stade, à la mesure de ses ambitions sportives et de ses perspectives de développement, pour le bénéfice de l’agglomération.

Tout aussi inlassablement, je répète depuis des mois que ce dossier court un grand danger, conséquence d’une gouvernance déplorable de Gérard Collomb menée en dépit du bon sens et des règles élémentaires de procédure. Deux enquêtes publiques, aux conclusions sévères, annulées sur la forme comme sur le fond, et une troisième sur le point d’être lancée alors que le président du Grand Lyon conditionne l’échéancier du chantier à la signature par l’Etat de la déclaration d’intérêt général (DIG). Une véritable escroquerie intellectuelle puisque la DIG n’influe en rien sur la délivrance du permis de construire qui repose sur les règles d’urbanisme fixées par le Grand Lyon et la modification de son PLU !

Jour après jour, Gérard Collomb hypothèque ainsi notre patrimoine et retarde le développement de notre territoire par la seule faute d’une attitude aussi légère qu’autolâtre. Lorsqu’un projet fonctionne vous ne manquerez jamais de le voir se tresser une couronne de lauriers, tout aussi sûrement que si le projet échoue vous l’entendrez désigner dans l’instant un bouc émissaire. C’est là une chanson dont l’air commence à lasser les Grands Lyonnais ! Ce n’est, quoi qu’il en soit, pas ma conception de la responsabilité publique et encore moins ma vision du développement de l’agglomération.

Pour attirer les entreprises dans le Grand Lyon et conserver sur notre territoire celles qui y sont déjà implantées, nous devons promouvoir un nouveau modèle de développement régional et métropolitain qui soit dynamique, compétitif, équilibré et pérenne, et qui prenne en compte le contexte économique actuel. Un projet comme celui de l’OL répond à ces différents critères, il permet de capitaliser sur les forces de notre région en termes de rayonnement sportif et, parallèlement, de mener une gestion rigoureuse de nos ressources qui réponde à la fois aux attentes des habitants et aux besoins de développement du territoire à travers ses infrastructures. Autant de qualités qui renforcent l’attractivité du Grand Lyon auprès des investisseurs.

En 2010 Lyon n’occupe en effet que la 19e place dans le classement Cushman et Wakefield des 36 villes européennes les plus attractives (derrière Milan, Lisbonne et Manchester) et c’est sur le critère « Climat économique créé par les autorités » que la Cité des Gaules subit sa plus forte chute, passant de la 18e à la 33e position. L’Aderly n’a ainsi concrétisé que 66 implantations d’entreprises étrangères en 2010, soit seulement 482 emplois. En compétition avec des villes différentes pour chaque projet, Lyon subit notamment la concurrence frontale de Genève au niveau international et de Lille au niveau national. Une hérésie pour notre agglomération idéalement située au carrefour de la Méditerranée et des Alpes sur les axes européens stratégiques, à moins d’une seule journée de route pour 180 millions d’Européens.

C’est pour cette raison que je défends tous les projets qui vont dans le sens d’une logique métropolitaine de développement et notamment le projet de l’Olympique Lyonnais, aujourd’hui à la croisée des chemins. Il tire l’agglomération vers le haut, participe à donner au Grand Lyon la place qu’il mérite sur la scène internationale et porte en lui tous les atouts dont notre territoire a besoin : un rayonnement international fort, des équipements structurants éco-responsables, variés et pérennes, des emplois, de la création de richesse et un effet de levier. Allons-nous laisser cette chance nous échapper ? Allons-nous laisser ce projet patiner lamentablement comme tant d’autres sous cette mandature ou Lyon va-t-elle enfin s’éveiller? J’ai la conviction que l’heure est venue pour une autre façon de faire.

François-Noël Buffet Sénateur du Rhône – Maire d’Oullins,Président du groupe “Ensemble pour le Grand Lyon”

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