Environnement

Green IT: 40 millions de tonnes de déchets informatiques produits chaque année

EcoInfo est un groupe de travail, créé au printemps 2006, par un très petit noyau d’ingénieurs en informatique spécialisés en systèmes, réseaux et serveurs de calcul. Ce réseau s’intéresse en particulier au cycle de vie des produits informatiques. Car loin d’être une économie ” immatérielle”, l’industrie électronique, dont font partie les équipements informatiques, est une industrie consommatrice d’énergie et de matière première. Elle est productrice de déchets.
Les équipements électriques et électroniques (EEE), rappelle le site du groupe EcoInfo , comme par exemple les ordinateurs, les appareils photos numériques ou les téléphones mobiles et autres petits objets de communication envahissent la vie quotidienne. ils se transforment en déchets (DEEE) à un rythme accéléré lié à leur obsolesence.

Miniaturisés mais polluants
Certes, ces objets se miniaturisent et offrent des capacités accrues sous un volume et un poids de plus en plus faibles. Ces objets quotidiens sont visibles par le consommateur, mais l’univers des technologies de l’information et de la communication, ce sont aussi des infrastructures dont le consommateur moyen ne soupçonne pas l’existence, les serveurs et datacentres, qui permettent aux données d’être stockées et de voyager tout autour de la Terre, formant une sorte de nuage numérique du “cloud computing”.

Cette dernière expression comme les termes de virtualisation, dématérialisation, etc.., voudrait, explique Françoise Berthoud dans le texte qu’elle signe sur le site, laisser croire que tout cela « n’est que du “vent”, ne consomme rien, et surtout pas les ressources de la planète, et ne pollue pas même si on s’accorde à dire qu’”il y a des efforts à faire sur la consommation énergétique !” »

Or il n’en n’est rien. La production mondiale de déchets éléctroniques est estimée à environ 40 millions de tonnes par an essentiellement en Europe, aux Etats Unis et en Australie. Dans les dix prochaines années, la Chine, l’Europe de l’Est et l’Amérique latine deviendront les principaux pourvoyeurs de déchets électroniques. Les déchets électroniques contiennent des métaux valorisables: du cuivre, des métaux du groupe de platines. Ils recèlent aussi des contaminants potentiels (Plomb, Sb, Mercure, Cadmium, Nickel, ethers diphenyl polybromés (PBDEs) et les polychlorinated biphenyls (PCBs). L’incinération des déchets génère des dioxines, des furanes, des PAHs (hydrcarbures aromatiques polycycliques), des PHAHs (polyhalogenated aromatic hydrocarbons) etc.

Un recyclage complexe

La composition chimique des déchets évolue avec les améliorations technologiques comme l’ajout de nouvelles fonctionnalités et la pression des réglementations, ou des organisations environnementales. Le recyclage des équipements encore plus complexe.
« Aujourd’hui, rappelle Françoise Berthoud, la majorité des déchets électroniques sont mis en décharge, pour des raisons économiques, structurelles et parce que les utilisateurs n’ont pas conscience du niveau de pollution potentielle associé à ces objets » . Les technologies qui permettent de récupérer les métaux précieux en minimisant les impacts environnementaux sont très onéreuses. En dépit de la convention de Bâle sur la circulation des déchets au niveau international, les pays consommateurs exportent une quantité inconnue de déchets vers les pays pauvres où des familles, pour récupérer quelques grammes de métaux précieux, utilisent des techniques de brûlage et de dissolution dans des acides puissants sans mesure de protection pour la santé humaine et l’environnement.


http://www.ecoinfo.cnrs.fr/spip.php?article181

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