Environnement

Emmanuel de Guillebon, DIREN: la neige de culture n’est pas une réponse au changement climatique

Emmanuel de Guillebon, DIREN: la neige de culture n’est pas une réponse au changement climatique

Quels sont les objectifs de la nouvelle organisation de la Direction Régionale de l’Environnement ?



Rien n’était imposé, mais nous nous inscrivons dans des orientations du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. Nous avons ainsi réuni dans le même service « Risques naturels », des unités qui étaient dispersées. Le service englobe les risques naturels, l’unité de prévision des crues, l’unité d’hydrométrie et également la mission Rhône qui suit le volet inondations du Plan Rhône


Nous mettons aussi l’accent sur l’impact environnemental à terme et non plus seulement sur l’impact local d’un projet ponctuel. C’est une demande de l’Europe qui demande de faire connaître aux citoyens les conséquences des projets de planification, par exemple des Plans Locaux d’Urbanisme, les Schémas d’Aménagement. Les autorités qui produisent des documents doivent inclure ces volets « impact » et un service nouvellement créé pour cela à la Direction Régionale de l’Environnement les évalue lui-même.


Nous avons aussi regroupé dans un même service, l’eau, la nature, les paysages, ce qui semble évident, mais qui n’était pas le cas avant. Cette nouvelle organisation a tout à fait motivé le personnel, elle a fait déménager beaucoup de bureaux , ce qui n’est jamais facile, et nous sommes opérationnels depuis de début du mois d’octobre.




Un rapprochement est-il à l’ordre du jour, en Rhône-Alpes comme dans d’autres régions, entre votre DIREN, la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche de l’Environnement , et la DirectionRégionale de l’Equipement ?



Le rapprochement se prépare effectivement dans toutes les régions pour réfléter l’organisation du Ministère de l’Ecologie et de l’Aménagement Durables. Mais en Ile de France et en Rhône-Alpes qui sont des régions très lourdes, il n’est pas en route. Ce qui n’empêche pas les trois directions de travailler déjà ensemble sur des dossiers comme la Directive territoriale d’aménagement des Alpes du Nord.




Parmi les dossiers que la Direction régionale de l’Environnement a été amenée à piloter figure celui de la pollution du Rhône par les PCB. Où en est-on ?


Un important travail a été réalisé pendant l’été et à l’automne, et la visite de la Ministre a dans une certaine mesure accéléré le dossier. Le comité d’information et de suivi du 10 octobre a permis d’établir un programme précis de toutes les actions suivant trois axes, la gestion de la crise, la diagnostic et la compréhension, et la gestion de cette pollution dans la durée.


Pour la gestion de la crise, des études vont être lancées sur plusieurs thèmes comme l’exposition des populations humaines, la réduction des apports, la question de la consommation des poissons (quantités « admissibles » dans la perspective d’une levée éventuelled’interdictions. Nous allons aussi étudier les conséquences de cette pollution sur l’irrigation..



Pour les actions sur le diagnostic, plusieurs actions sont prévues, par exemple des études sur le transfert des polluants le long de la chaîne alimentaire, une quantification des flux de PCB dans le Rhône. Nous allons surtout établir un diagnostic de la situation des poissons et des sédiments sur l’ensemble du bassin du Rhône, pour aboutir à une carte. Les moyens sont presque déjà budgétés à hauteur de plus de 600 000 euros avec l’objectif d’une étude sur 39 cours d’eau.



ET la surveillance des sources de pollutions ?



Le Préfet a indiqué qu’il sera intransigeant sur les rejets illicites. Et nous allons nous intéresser aux problèmes des dragages, qu’il faut bien réaliser, mais dont on ignore certaines conséquences. Il faudra gérer cette pollution dans le temps, savoir quelles sont les meilleures solutions, et introduire un volet PCB dans le SDAGE.




Le dossier de la pollution du PCB se diffuse aujourd’hui dans d’autres régions?



L’opportunité de la publication de la carte de France des pollutions par les PCB a été très discutée. Maie la décision a été prise de regarder la situation en face pour la gérer. Maintenant le dossier est pris en charge aussi dans les autres bassins, dans celui de la Seine et dans celui de la Moselle.



Autre pollution, celle des stations d’épuration qui ne sont pas aux normes ?



Nous avons encore une dizaine d’installations qui ne sont pas aux normes, mais il faut surveiller celles qui sont aux normes et pourraient ne plus l’être.


Pour celles qui ne sont pas aux normes, la menace d’une condamnation de la France par l’Europe , que beaucoup ne prenaient pas au sérieux a poussé l’Etat a accentuer sa pression. Le problème n’est pas géré par la DIREN, mais au niveau départemental. Il faut dire que des Préfets ont lancé des mises en demeure, et que les collectivités qui n’agiront pas risquent de se voir privées d’aides.






Par rapport à la pollution par les PCB, la neige artificielle semble anecdotique ?



Nous sommes vigilants car l’eau est une ressource rare et dans certaines stations il y a débat entre utilisation pour l’eau potable et production de neige, qui consomme aussi de l’énergie.


La neige artificielle qui doit être davantage travaillée, finit par constituer une couche moins épaisse, qui protège moins le sol du froid. Les adjuvants , les perturbations doivent aussi être pris en compte, des propositions sont faites au comité de Massif des Alpes. . Il est certain que la neige artificielle ne doit pas être considérée comme une réponse définitive au changement climatique, c’est au plus une solution très ponctuelle, dans une perspective d’adaptation de l’économie de la montagne à ce changement climatique.



Recueilli par Michel Deprost

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