Énergie

Japon: les centrales nucléaires ont réagi normalement au dernier séisme

Une réplique du séisme du 11 mars, de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter, est intervenue le 7 avril à 14h32 (heure GMT) à 20 km de la centrale d’Onagawa, à 120 km de celle de Fukushima, rappelle l’Autorité de Sûreté Nucléaire française qui suit de près la situation au Japon et en rend compte régulièrement. L’événement a entrainé des pertes momentanées d’alimentation électrique externe dans les centrales nucléaires d’Oganawa, d’Higashidori et Rokashomura. Des groupes électrogènes de secours ont pris le relais avant le rétablissement du courant. La piscine de la centrale d’Onagawa a subi un débordement d’eau.

Cette réaction à l’évènement indique que les installations ont réagi d’une manière normale. En effet, une centrale nucléaire doit constamment évacuer la chaleur produite dans le réacteur, par la circulation de l’eau ( bouillante ou sous pression, ou encore d’un autre fluide) grâce à un système de pompes. En cas d’arrêt du réacteur qui produit l’électricité en marche normale, l’extraction de la chaleur doit être poursuivie. Les pompes doivent donc être alimentées par des systèmes redondants, alimentation depuis l’extérieur, ou alimentation par des groupes électrogènes, comme cela a été le cas dans les centrales japonaises concernées.

Centrale de Fukushima: alimentation externe des pompes reprises
Selon les autorités japonaises, ce séisme n’a pas généré de nouveaux dommages sur la centrale de Fukushima et la situation est sous contrôle dans les autres installations nucléaires du pays.
Pour la centrale de Fukushima, l’alimentation électrique externe des pompes de refroidissement des réacteurs 1, 2 et 3 a été rétablie depuis le 5 avril. Les injections d’eau douce pour refroidir les réacteurs 1 à 3 et les piscines 1 à 4 se poursuivent en circuit ouvert. Une partie de l’eau apportée se répand dans l’enceinte de confinement ou dans d’autres bâtiments, essentiellement les salles des turbines. Des infiltrations en sous-sol et des ruissellements sont possibles.
L’exploitant Tepco prévention du risque d’explosion en raison de l’accumulation d’hydrogène dans les enceintes des réacteurs. L’exploitant injecte de l’azote gazeux dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 depuis le 6 avril pour réduire les risques d’explosion d’hydrogène. La fin de l’injection est prévue cette fin de semaine. La même opération est envisagée dans les enceintes des réacteurs 2 et 3.

60 000 tonnes d’eau contaminée

L’eau qui a servi au refroidissement en circuit ouvert du combustible nucléaire doit être gérée. Une fissure provoquant des écoulements vers la mer a été colmatée le 5 avril grâce à l’injection de silicate de sodium dans les fondations.
La quantité d’eau fortement radioactive à pomper dans les diverses installations du site est évaluée à 60 000 tonnes. La moitié pourrait être stockée sur des installations extérieures (barge, plateforme flottante) et l’autre moitié sur site. Plusieurs jours seront nécessaires pour vider les réservoirs sur site pour vérifier leur étanchéité. A cette fin, un rejet volontaire en mer de 11 500 tonnes d’eau faiblement contaminée est en cours. La fin de l’opération est prévue cette fin de semaine. L’exploitant japonais à terme est de mettre en place un refroidissement en circuit fermé -lui-même refroidi par un autre circuit -c’est-à-dire une circulation de l’eau en boucle dans la centrale, de façon à ce que l’eau contaminée ne s’échappe plus.

Le gouvernement japonais prépare des normes de radioprotection pour encadrer les retours momentanés dans les zones évacuées des personnes voulant récupérer leurs effets personnels. Les mesures de la radioactivité dans la région de réalisées par les autorités japonaises et par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) demeurent faibles. La tendance est à une décroissance lente, confirmant l’absence de nouveaux rejets atmosphériques importants.

michel.deprost@enviscope.com

VOIR AUSSI