Énergie

Jean-Marc Jancovici: les engagements de la COP 21 ne permettront pas de tenir les objectifs

Pour Jean-Marc Jancovici, ingénieur, à l’initiative de  “the shift project” , invité de la Société française d’Energie Nucléaire, les engagements de la COP 21 ne permettront  pas de maintenir le réchauffement en dessous de 2 degrés d’ici à 2100.

La question du réchauffement climatique est mal comprise. Evidemment, il y a les climato-sceptiques, que Jean-Marc Jancovici, balaie d’un revers de manche: les climato-sceptiques sont soit obscurantistes, soit non compétents, soit conservateurs. Le réchauffement climatique ne fait aucun doute. Mais l’urgence de la situation n’est pas clairement expliquée et les vraies réponses ne sont pas mises sur le table.

La réalité? Jean-Marc Jancovici la résume en deux cartes. A gauche une carte de l’Europe il y a vingt mille ans: deux ou trois kilomètres de glace recouvrent le nord du continent et l’océan est 120 mètres de dessous du niveau actuel. A droite une carte de l’Europe telle qu’elle pourrait être si on laissait les systèmes végétaux se développer. L’Europe est couverte de forêt ! Entre les deux cartes, 20 000 ans et 5 degrés !

Des bouleversements considérables

Aujourd’hui, c’est un réchauffement de 2 degrés en 90 ans, que la Conférence des Partie sur le Climat a essayé de promettre. Le cap des deux degrés, même s’il était tenu, n’empêcherait pas des bouleversements considérables et accélérés, dans le fonctionnement de toute la planète. Ces bouleversements seront sources de conflits, d’insécurité… La réalité est déjà là!

Or, selon Jean-Marc Jancovici,  le cap des 2 degrés ne sera pas tenu, et cela pour plusieurs raisons.

Les Etats seuls décident

La première raison  tient au fait que les engagements des Etats enregistrés lors de la COP ne permettent pas de réduire les émissions de CO2  pour maintenir la concentration en carbone en deçà de l’objectif nécessaire.

La deuxième raison, tient au fait que l’engagement n’est pas contraignant. ” L’ONU n’a aucun moyen d’action sur les Etats. ” souligne Jean-Marc Jancovici.

Troisièmement, ce sont bien les Etats qui seuls peuvent décider et agir. Et les Etats ont comme priorité l’augmentation du PIB par tête, ce qui suppose un accroissement de la production d’énergie.

La réalité, c’est que l’accroissement de la population et l’augmentation de la demande entraineront une augmentation de la production d’énergie. Et les solutions mises en avant par la COP1, notamment les renouvelables ne permettront pas de concilier les deux objectifs : faire face aux besoins et émettre moins de carbone.

michel.deprost@enviscope.com

 

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