Mobilité

La réseau ferroviaire de l’Ouest lyonnais fortement perturbé après le retrait de matériel défectueux

L’incident a entrainé un contrôle  de l’ensemble du matériel en service dans l’Ouest lyonnais. Un retrait de matériel a été décidé sur le réseau de tram-train de Nantes et l’inauguration d’une ligne de tram-train à Châteaubriant, en Loire-Atlantique pourrait être remise en cause.

Les matériels ont été rapatriés par le fabricant Alstom, pour vérification. Les contrôles ont permis de constater que le blocage était dû à une pièce défectueuse, conçue par Alstom, mais produite par un sous-traitant. Il serait nécessaire de concevoir et de fabriquer de nouvelles pièce, puis d’homologuer les matériels modifiés. Les délais de remise en service des matériels ne sont pas communiqués.

En attendant, le service sur le réseau de l’Ouest Lyonnais est perturbé. Des rames de TER ont été mises en service sur les deux lignes de tram-train: la ligne Lyon Saint Paul-L’Arbresle-Saint Bel et la ligne Lyon Saint-Paul Brignais. Fort heureusement ces lignes ferroviaires classiques permettent de faire rouler du matériel conventionnel, ce qui n’est pas le cas des lignes de tram train de l’agglomération nantaise.

Pas de service habituel

 Le service de l’Ouest lyonnais n’a pu être maintenu au niveau habituel . Les cadences maximales sont d’un train chaque demiheure en heure de pointe, au lieu d’un train chaque quart d’heure. Certains trains ont été remplacés par des autocars.

Evidemment cette dégradation du service mécontente les usagers. Elle tend les relations entre la SNCF et la Région. La première a émis un seul communiqué le lendemain de l’incident le 4 décembre, la seconde le 11 décembre. L’information  des deux partenaires n’a pas pris de dimension alarmiste, et a visé à minimiser l’incident, sans encore donner une idée de la longueur et du coût des perturbations.

 Jean-Jack Queyranne a ce matin lors d’une conférence de presse, rappelé la priorité donnée à la sécurité, qui a justifié l’arrêt de l’exploitation des matériels  défectueux ou susceptibles  de l’être. Il a aussi souligné les enjeux industriels pour le constructeur ferroviaire français.

 L’incident montre les limites du système ferroviaire français et singulièrement du système ferroviaire régional, poussé depuis six ans à ses limites, dans le cadre du cadencement, malgré les investissements importants de la Région, de RFF et de la SNCF.

Le parc régional de matériel ne dispose pas de réserve suffisante pour faire face à un défaut en série. La mise en service du tram-train avait été elle-même retardée. Des observateurs évoquent aussi les questions de formation, de prise en main du matériel. Ils rappellent qu’une ancienne directrice régionale de la SNCF avait évoqué un système sollicité à ses limites.

Le dossier est loin d’être clos. Il sera sans doute évoqué cette fin de semaine dans le cadre de la discussion sur le budget 2014 de la Région Rhône-Alpes. Les Transports express régionaux sont une des principales dépenses de la Région, et les critiques sont encore nombreuses quant aux imperfections du service rendu par l’opérateur historique. Un opérateur qui cette fois est victime.

michel.deprost@enviscope.com

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