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Lait et poisson de proximité

Il n’est apparemment plus possible de boire légalement en Savoie, et sans doute ailleurs en Rhône-Alpes, du lait produit dans une exploitation laitère. Signe des progrès immenses accomplis à notre époque, l’accroissement des normes de qualité et les progrès de la médecine vétérinaire ont permis d’éradiquer d’innombrables maladies et le lait de 2012 est infiniment plus sain que le lait du siècle dernier.

Mais la vente à la ferme est difficile, comme d’ailleurs, la vente par des fruitières et autres coopératives, incapables d’investir pour conditionner le précieux produit. Pas d’autres solutions, selon un jeune éleveur de la région d’Aix-les-Bains que de faire collecter le lait pour l’exporter à des dizaines de kilomètres, voire davantage, jusqu’en Italie.

L’autre solution, c’est l’investissement dans d’onéreuses machines à lait, installées dans les villes que les producteurs laitiers doivent approvisionner à grands frais. La meilleure valorisation du lait, est permise par la fabrication de fromages AOC comme le Beaufort ou la Tome des Bauges, mais en dehors de ces produits, l’avenir est difficile pour les producteurs laitiers !

Comme est difficile l’activité des pêcheurs dans les lacs alpins ! Certes le PCB découvert il y a quelques années dans la chair des poissons les plus gras a justifié une mobilisation, des études, des précautions. Mais la crise des PCB, indiscutablement grave sur le plan environnemental, a fragilisé la pêche lacustre, achevé la pêche professionnelles dans les fleuves et rivières.

Petit à petit, les interdictions de consommer ont été levées. Mais il demeure, en France, des interdictions absolues pour certaines espèces qui peuvent encore être consommées – modérément- chez nos voisins Suisses qui sont pragamatiques et accordent en gros une certaine attention à leur état.

Un peu partout, selon un rapport de l’ANSES sur la contamination des poissons par les PCB, les services de Santé émettent des recommandations simples aux personnes qui peuvent présenter des risques d’accumulation, mais apparemment nul pays ne prévoit d’interdiction. Il suffit de limiter le nombre de portions de poissons consommés chaque mois pour ne pas courir de risques.

Un luxe de précaution nous maintiendra sans doute en bonne santé, mais fera périr la production laitière, comme il a fragilisé la pêche professionnelle en eau douce !

michel.deprost@enviscope.com

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