Construction et aménagement

Liaison Transalpine : le projet doit traverser les incertitudes budgétaires et politiques

Jacques Gounon, “sauveur d’Eurotunnel”, pdg du Groupe Eurotunnel, premier groupe mondial d’exploitation d’autoroutes ferroviaires,  a été élu président du Comité pour la Transalpine. Objectif : défendre plus que jamais la validité économique d’un projet qui est devenu chantier. Le développement du transfert modal est plus que jamais une urgence vitale.

Jacques Gounon, président du Comité pour la Transalpine ( photo Enviscope.com.)
Jacques Gounon, président du Comité pour la Transalpine (photo Enviscope.com)

Le Comité pour la Transalpine a tenu son assemblée générale à la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon. Jacques Gounon élu président du Comité, succède à Franck Riboud. Pendant ses mandats,  ce dernier (par ailleurs président de Danone)  a fait avancer le dossier dans un environnement plein d’incertitudes, de scepticisme, de critiques agressives venant d’horizons divers.

Il a fallu convaincre l’Europe pour accrocher le projet au Corridor Sud, pousser à la rédaction d’accords entre la France et l’Italie, contribuer à un montage financier qui engage la France, l’Italie et l’Europe, cette dernière devant apporter 40 % du financement pour la première tranche de travaux jusqu’en 2018.

Aujourd’hui, les galeries de reconnaissance sont presque achevées. Le tunnelier est en place pour creuser du côté français. Le financement européen est assuré pour plusieurs années pour un chantier qui doit s’échelonner jusqu’en 2030. Il reste encore une dizaine d’années à financer au rythme de 200 millions par an.

Mais la période actuelle est difficile. Les finances publiques sont dans une situation plus que tendue en France ce qui pèse sur la réalisation d’infrastructures. L’Etat ne veut pas lever de nouveaux impôts ou de nouvelles taxes. Ségolène Royale s’oppose à un financement par la taxation du gasoil ou un sur-péage autoroutier. La ministre de l’Environnement qui a mis fin à l’écotaxe ne veut pas pénaliser le transport routier. L’argent attendu d’un prélèvement sur les bénéfices des tunnels autoroutiers alpins sera difficile à récupérer car les ouvrages sont encore largement contraints par des investissements de sécurité.

Budget 2017 laborieux

L’Eurovignette est elle-même un espoir fragile. A court terme, le montage du budget 2017 sera ardu pour le projet Lyon Turin. Il sera difficile d’y inscrire des dépenses valant un engagement sur plusieurs années. Et le budget ne fera loi que pendant les derniers mois du président actuel. Après l’élection présidentielle, le budget rectificatif 2017 risque de malmener les esquisses des mois précédents.

La SNCF a d’autres priorités

Du côté de la SNCF, il ne faut pas se faire d’illusions. « L’entreprise ne pense qu’à l’état de son réseau, à sa dette et aux problèmes de la région parisienne” explique un proche du dossier.

Pour la Transalpine, il faut donc continuer à lutter, à faire œuvre de pédagogie, à faire progresser les dossiers. D’abord celui de l’Autoroute ferroviaire alpine, (AFA) dont la direction a changé et devrait lancer un nouvel appel d’offres pour une autoroute ferroviaire plus longue, mais en 2018 ! Il faut aussi compter sur les territoires et sur les Régions. Les membres de la Transalpine ont apprécié cet après-midi l’engagement de Xavier Dullin, président de Chambéry Métropole, l’engagement de la Métropole de Lyon. Ils entendent bien rencontrer les gestionnaires des Aéroports de Lyon, le groupe Vinci, pour trouver des accords.

Un point reste essentiel, le support des régions, non pas seulement sur le plan financier, mais autour de schémas ferroviaire pour le sud-est et pour les Alpes. Il y a fort à faire. Comme le dit un proche du dossier, “le projet et les accès français ont encore une dimension locale, voire cantonale!”

michel.deprost@enviscope.com

VOIR AUSSI