Loup : la consultation nationale montre une méconnaissance du dossier

Plus de 6 000 contributions ont été exprimées dans le cadre de la préparation des décrets pour la Plan loup. Les contributions presque toutes opposées à l’action du ministère dénotent une méconnaissance des textes internationaux, comme la Convention de Berne, européens et français comme des réalités de l’élevage.

Sans surprise, la consultation a permis aux associations qui défendent inconditionnellement le loup d’utiliser une tribune en présentant une fois de plus leurs arguments. C’est le cas de structures membres du Groupe National Loup comme  France Nature Environnement, FERUS, Humanité et Biodiversité, d’autres structures collectives comme la FDSEA (Alpes-Maritimes, Vosges) et de la FDO des Alpes-Maritimes.

Moins de courriers types

Le ministère a analysé ces contributions et note une évolution. Il note que la consultation n’est plus dominée par le phénomène, constaté les premières années, de reprise massive et non personnalisée de courriers type. Modèles et courriers types représentaient 82% du total des contributions en 2012 et plus d’un tiers en 2013. Les courriers types ont presque disparu sous cette forme, peu modifiée La montée en puissance des messages « individuels », sur la forme,  peut être lue ” comme le reflet d’une pleine appropriation de l’exercice.” Des commentaires saluent l’initiative prise par le Gouvernement!

L’activisme des associations qui défendent le loup d’une manière inconditionnelle, explique que les avis défavorables représentent 95% des opinions. Les professionnels de l’agriculture ou de l’élevage ont moins de temps à consacrer à ce type d’expression.

Les oppositions vont du  ” rejet ciblé de certaines dispositions à la critique plus générale des orientations sous-tendant les projets d’arrêtés.” Parfois, relève prudemment le commentaire du ministère,  l’opposition peut être mise sur “ le compte d’une connaissance partielle voire inexacte des textes communautaires et internationaux qui régissent la protection du loup.” On peut même parler, mais le ministère ne franchit pas le pas de désinformation.

Méconnaissance de la Convention de Berne

Pour les opposants, ” le statut de protection de la population de loups recensée en France est ainsi assimilé à une exigence de protection absolue de chacun des individus qui la composent, en tout lieu et en toutes circonstances.

Or, rappelle le ministère,  les articles 9 de la Convention de Berne et 16 de la directive 92/43/CEE dite Habitats Faune Flore prévoient des dérogations à cette protection stricte.

La déformation de la politique ” loup”, transforme aussi les objectifs de la loi et des décrets. Ce point de vue porte parfois sur une disposition particulière : «Le nombre de 36 loups devient ici un objectif à atteindre, un « quota », alors que rien ne permet d’affirmer que la réalisation de cet objectif fera baisser les dommages attribués au loup. »- « Autoriser l’abattage des loups dans les zones de recolonisation nouvelle revient à empêcher le retour de l’espèce dans son aire de répartition historique. C’est contraire aux obligations de la France de maintenir l’espèce dans un état de conservation favorable sur l’ensemble de son aire de répartition naturelle.»

Cette palette d’opinions ne concerne pas seulement le loup mais la place globalement ” la place des activités humaines et aux conditions de leur exercice en zone de présence de loups.” A nouveau, on constate, l’éventuelle méconnaissance des aides publiques à la mise en œuvre de mesures de protection des troupeaux contre le risque de prédation. Ce sont d’ailleurs ces points de discussions qui font réagir une partie des contributeurs s’opposant à la tendance majoritaire des commentaires publiés.

michel.deprost@enviscope.com

1)  mais c’est aussi le cas de l’ASPAS, de la FRAPNA Ardèche, de FNE Vaucluse, Meuse Nature Environnement, du CNRH, de la SFEPM, de la SNPN… de la LPO et de plusieurs de ses délégations locales (Alpes-de-Haute-Provence, Rhône, Rhône-Alpes),

 

 

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