Energie

Mardis IESF-ENVISCOPE : les réseaux électriques européens en mutation

Mardis IESF-ENVISCOPE : les réseaux électriques européens en mutation

Les réseaux électriques européens doivent évoluer pour intégrer le développement des énergies renouvelables sur le continent. Mais entre ouverture du marché et sécurité d’approvisionnement à terme, les enjeux sont grands.

Les systèmes énergétique européens doivent évoluer, pour réduire la dépendance de l’Union aux importations, mais aussi réduire les émissions de carbone . Par étapes, 2020, 2030, 2050, les Etats de l’Union doivent réduire leur consommation, accroitre l’efficacité énergétique,  développer la part des énergies renouvelables.

Ces énergies renouvelables présentent plusieurs caractéristiques. Elles sont pour beaucoup intermittentes. Ce n’est à court terme, le cas de l’hydraulique qui dépend cependant  du débit des cours d’eau et des quantités d’eau stockées dans les réservoirs. L’énergie photovoltaïque dépend directement du rayonnement solaire, qui varie tout au long de l’année et sur un cycle de 24 heures et peut même varier localement d’une minute à l’autre. L’énergie éolienne est aussi variable puisque la production peut passer de 0 à 100% de la capacité installée.

Les énergies renouvelables sont aussi variées par leur localisation. L’éolien est largement présent sur les côtes, sur la façade ouest et nord du continent. Le solaire photovoltaïque présente de meilleurs rendement dans l’Europe du sud, même si des parcs fonctionnent partout à travers toute l’Union.

Un système en évolution

Le système électrique européen va donc se transformer. Il était souvent centralisé en grandes unités de production et prévisible. Il devient davantage réparti et en grande partie intermittent. Cette nouvelle configuration entrainera d’importantes circulations d’électricité à travers le continent, notamment le long d’axes de transport nord-sud.

SuperGrid Institute, est un centre de recherche sur la transition énergétique, installé à Villeurbanne, qui mène des travaux sur les techniques qui permettront de transporter de l’électricité dans des conditions de sécurité et de réactivité plus grande. Les réseaux futurs de transport  devront être souples pour et réagir à des arrivées massives d’électricité comme à des baisses massives de la production. Ils devront répondre aussi au fluctuations de la demande. Serge Poullain, de Superdgrid Institute, a expliqué les techniques mise en oeuvre pour faire évoluer les réseau de transport à très haute tension.

Hubert de la Grandière, directeur de SuperGrid Institute a rappelé que les réseaux futurs ne serviront pas seulement au transport à longue distance.  Ils devront répondre à des demandes plus locales , notamment des demandes de variation des sources de production. En Chine, des super réseaux existent déjà, comme à Pékin. Le premier réseau européen est mis en place entre l’Ile européenne de Chypre et Israël. D’autres boucles locales pourront fonctionner par exemple pour faire bénéficier telle métropole très consommatrice, d’électricité d’un approvisionnement en électricité éolienne.

Ce changement de cadre n’est pas seulement technique. Il revêt des dimensions juridiques et économiques. Les marchés de l’électricité diffèrent d’un Etat à l’autre, même si la tendance est à l’ouverture à la concurrence, a rappelé  Frédéric Dohet, délégué territorial de Réseau de Transport d’Electricité pour Auvergne Rhône-Alpes.

Le marché s’il permet d’ajuster offre et demande au meilleur prix à court terme ne donne pas d’assurance quant à la possibilité d’assurer l’équilibre à moyen et à long terme. L’avenir dépend d’investissements très lourds réalisés pour des décennies que les opérateurs doivent prendre en compte, mais que la puissance publique doit encadrer.

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