Mobilité : Une télécabine en projet à Thiers

Avec plus de la moitié de ses rues en forte pente et une coupure physique entre sa ville haute, ancien centre historique, et sa ville basse commerciale et industrielle, la ville de Thiers dans le Puy-de-Dôme voit dans le transport par câble un bon moyen de regagner en dynamisme. Un projet présélectionné par le ministère de la Transition écologique dans le cadre du concours national “Mon projet pour la planète”.

La télécabine relierait la rue Terrasse à la Foire aux Prés, facilitant ce parcours de 90 m de dénivellation. Enviscope.com
La télécabine relierait la rue Terrasse à la Foire aux Prés, facilitant ce parcours de 90 m de dénivellation. ©B. Mortgat

Depuis 2016, le conseil citoyen Thiers Centre Ancien travaille sur le sujet du désenclavement du centre ancien, préconisant la solution d’un transport par câble. Un projet aujourd’hui appuyé par la mairie, et la CCI de Thiers qui ont cette année décidé de lancer en juin une étude d’opportunité et une étude de flux et de septembre à mars 2019 une consultation/mobilisation citoyenne. Le financement de ces études pourrait être facilité en cas de sélection définitive dans le cadre du concours “Mon projet pour la planète”.

Une solution propre et économe en énergie

Le tracé proposé relierait la rue Terrasse dans la ville haute à la Foire aux Prés dans la ville basse, soit un trajet de 750 m de long pour 90 m de dénivelée. Selon l’association Thiers Téléphérique, la solution technique envisagée, une télécabine monocâble débrayable, apporterait un gain certain pour la ville en terme de rayonnement territorial, mais aussi sur le plan environnemental. La télécabine est en effet propre, économe en énergie puisqu’elle en consomme trois fois moins qu’un tramway, cinq fois moins qu’un bus, et dix fois moins qu’une voiture. Elle est également intéressante sur le plan des émissions de CO2, car elle fonctionne principalement à l’électricité, qui pourra être d’origine renouvelable. Compte tenu de la pente et de la sinuosité des rues thiernoises (52 % des rues à plus de 10 % d’inclinaison), elle permet un franchissement des obstacles rapide (jusqu’à 4500 personnes par heure) et à moindre coût (notamment par rapport à un funiculaire), au moyen d’une infrastructure relativement simple et rapide à mettre en œuvre (une année suffit).

« En s’appuyant sur les travaux du CERTU et sur le rapport de l’expert Pierre Jaussaud, nous savons que les coûts de construction et de fonctionnement sont faibles et compatibles avec la capacité de financement de la ville », soulignent les porteurs du projet, qui y voient « l’une des meilleures solutions envisagées pour lutter efficacement contre la pollution et redynamiser la ville centre du grand territoire du Livradois Forez. »

Aucun transport urbain par câble n’a encore été envisagé dans une petite ou moyenne ville. Thiers pourrait ainsi devenir une ville test pour ce type d’infrastructure.

 

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