Nœud autoroutier de Chambéry : une étude d’impact à améliorer

L’Autorité environnementale (Ae) du Conseil général de l’Environnement et du Développement durable a rendu le 16 mai un avis concernant le projet de réaménagement du nœud autoroutier de Chambéry (73). Celui-ci juge le dossier bien construit et argumenté, mais relève de nombreux points à améliorer pour une bonne prise en compte des impacts environnementaux et une meilleure information du public.

Le nœud autoroutier situé au nord de Chambéry assure les échanges entre l’A41 qui relie Grenoble à Genève, l’A43 qui relie Lyon à Turin et la voie rapide urbaine (VRU) qui permet de traverser Chambéry. Le projet présenté, porté par l’Area (société des autoroutes Rhône-Alpes, filiale d’APRR), consiste principalement à créer de nouvelles modalités d’insertion pour faciliter les entrecroisements sur les deux autoroutes, ouvrir une voie supplémentaire sur la VRU, réaménager la plateforme de péage avec la reprise des voies de sortie et construire un nouveau parking de covoiturage latéral.

Le projet est situé à proximité de zones humides et d’un corridor écologique le long de la Leysse, cours d’eau qui se jette à quelques kilomètres en aval dans le lac du Bourget, objet de nombreuses protections environnementales.

Espèces protégées

Parmi les principaux enjeux environnementaux identifiés par l’Ae, la protection de la biodiversité implique la préservation des zones humides, dont certains habitats d’intérêt communautaire, ainsi qu’une bonne prise en compte des corridors de déplacement de la faune, qui comporte des espèces protégées. Sont notamment concernées 17 espèces de chauve-souris, d’autres mammifères dont le Castor d’Europe et le Muscardin, huit espèces d’amphibiens, cinq espèces de reptiles, trente et une espèces d’oiseaux, une espèce d’insecte (l’Agrion de Mercure), quatre espèces de poissons, ainsi que l’Écrevisse à pieds blancs. L’Ae recommande néanmoins d’affiner l’état initial de certaines zones humides.

Concernant les impacts sur la qualité de l’eau, l’avis recommande de prendre en compte l’apport annuel supplémentaire de 30 tonnes de sel de déverglaçage aux milieux aquatiques, ainsi que l’impact potentiel des fondations des ouvrages de franchissement de la Leysse sur la nappe, qui est utilisée pour l’alimentation en eau potable.

Nuisances sonores

Autre enjeu, la protection des populations vis-à-vis des nuisances sonores, en particulier en ce qui concerne les points noirs du bruit. Pour tenir compte des incertitudes du modèle acoustique utilisé, l’Ae recommande d’interpréter en faveur des habitants les résultats de l’étude acoustique dans les cas où le bruit estimé atteint le seuil de qualification en point noir dus au bruit, et de les considérer effectivement comme tels.

Enfin, l’avis recommande la mise à jour des estimations d’émissions de polluants aériens car le modèle utilisé ne prenait pas en compte les émissions en conditions réelles de circulation mais les déclarations des constructeurs automobile, ce qui conduit vraisemblablement à sous-estimer les émissions d’oxyde d’azote.

Lire l’avis de l’Ae

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