Environnement

Géraldine Poivert ( ECOFOLIO): Le prix des vieux papiers doit baisser pour l’industrie papetière

Quelle est la situation de la collecte du papier ?

Le papier est victime de son statut. Il n’est pas considéré comme déchet mais comme tune matière première secondaire. On le récupère, on le réutilise facilement, il n’est pas dangereux. Longtemps le papier a été récupéré à part et fourni directement aux papetiers pour être mêlé à de la pâte nouvelle. La collecte des emballages comprenant des emballages papier a entrainé l’inclusion du papier dans les flux où il est mêlé à d’autres déchets, plastiques, métaux, cartons. Les risques sont d’autant plus grands qu’une réforme de la collecte des emballages peut amener à l’intégration dans les emballages de plastiques souples, qui seraient encore plus difficiles à séparer du papier auquel ils seraient collés.

Les conséquences ?

Le problème vient de ce que les coûts de collecte et de valorisation n’ont pas diminué. Le papier, s’est trouvé inclus dans ce système. Le papier recyclé est donc plus cher que la pâte réalisée à partir de bois importé d’Amazonie. Le papier doit être sorti  de la filière des autres déchets.

La solution ?

Il faut inverser complètement la logique et partir des besoins de l’industrie papetière, des quelque trente usines qui produisent de la pâte à papier en France dont seules quelques unes s’approvisionnent largement en vieux papier. Il faut partir des besoins de l’industrie, de sa capacité à créer des emplois. Il faut donc apporter des vieux papiers à un coût acceptable.

Comment adapter le système de collecte des déchets, qui semble constitué de filières étanches, qui ne coopèrent pas ?

Il  n’est pas facile de faire entendre notre voix dans un système où un opérateur historique est présent depuis vingt ans. Il faut sortir les papiers des emballages et lancer des expériences pour montrer que la valorisation séparée du papier est plus intéressante. Il faut lancer des expériences avec des collectivités, des entreprises. Nous parviendrons alors à montrer que nous pouvons approvisionner l’industrie en matière première secondaire.

Le papier est prêt pour l’économie circulaire?

Il faut arrêter de parler de déchets et de filières cloisonnées. Il  ne faut plus considérer les déchets d’une manière linéaire, comme le bout d’un processus, mais avoir une vision circulaire, la source de nouveaux papiers, des matériaux isolants, de matériaux pour la chimie. Le papier doit vraiment faire partir de cette vision circulaire dans laquelle l’Europe doit s’engager, car elle manque de matières premières. Et nous devons faire comprendre que cette économie, cette mobilisation des ressources locales sont aussi sources d’emplois.

Recueilli par Michel Deprost michel@enviscope.com

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