Environnement

Martin Schulz, Président du Parlement européen : l’Europe surmontera la crise avec des solutions communes

Pour Martin Schulz,  l’Europe perd sa crédibilité quand dans un pays où les jeunes sont les mieux formés, en Allemagne,il est difficile de faire comprendre que l’Europe peut mobiliser des milliards pour sauver les banques, mais ne peut dépenser un milliard pour relancer l’emploi des jeunes.

Risques des ” solutions nationales”

Le risque est de voir se développer des appels “ aux solutions nationales plutôt que l’appel aux solutions communes“. ” Nous sommes à un moment important où il faut décider s’il faut davantage de solutions nationales ou davantages d’efforts communs“.

Pour Martin Schulz, il faut revenir aux fondements de l’Europe, créer davantage de ” confiance et de contrôle. ” ” ” Quelle était l’idée qui nous a poussés à créer l’Union européenne, c’est l’idée que les Etats et les nations doivent coopérer au delà des frontières dans des institutions communes car ils savent qu’ils sont plus forts unis que tous seuls”.

Créer la confiance par une organisation commune

L’Europe est née de la création de la Communauté Européenne du Carbon et de l’Acier ( CECA) lancée par Jean Monnet. ” L’idée était de créer de la confiance par un organe commun. C’était considérable en 1951. C’était un  moyen de contrôler les Allemands et de ramener la confiance. Les gens disaient, si on veut la paix, il faut davantage de démocratie pour l’Allemagne. Cette union a permis aux Allemands de revenir dans la famille des démocraties

Une idée pour le 21ème siècle

Cette idée qu’on est plus forts unis est valable aux vingt et unième siècle. Dans le monde actuel, aucun pays européen ne réussira tout seul. Les Etats et les nations doivent coopérer, cela est vrai pour la RFA, comme c’est vrai pour le Luxembourg ou Malte. En tant que Président du Parlement européen, je me déplace partout en Europe. Quatre vingt dix pour cent des Européens sont favoravbles à cette idée et il faut continuer à travailler dans le domaine de l’environnement, dans le domaine du commerce et d’autres…”


Réformer profondément sans détruire

Pour Martin Schulz, il faut faire avancer l’Union européenne en renforçant les institutions communautaires, et non en les sapant. ” Il faut réformer l’Union, c’est à dire la mettre sens dessus dessous, sans la détruire. Certains veulent la démanteler. Mais nous avons vu des relents d’extrémisme, de racisme, d’antisémitisme et ici même un parlementaire nie l’holocauste. Les démons du vingtième siècle que nous avons enterrés ne sont pas définitivement vaincus, ils peuvent revenir.

Le Président du PE  estime qu’il faut changer de cap et que la politique d’austérité a été une ereur dès le départ. Il faut une politique en faveur de l’emploi des jeunes.  “Le Parlement est pour une politique de rigueur budgétaire, mais il ne veut pas d’un déficit du budget européen et refuse que des pays s’engagent dans la voie d’un déficit du budget.

Un budget européen renforcé sans déficit

Pour le Parlement européen, il existe trois autres objectifs. Il faut doter l’Europe d’un budget plus important, non pas en aloursissant la fiscalité, mais en  soulageant les budgets nationaux. Le budget européen pourrait être renforcé, avec des taxes douanières ou des taxes sur les transactions finnancires.

Le budget européen devrait être plus souple, et permettre de déplacer les moyens d’un secteur à l’autre en fonction des priorités.

Il devrait être plus souple dans le temps, en permettant de déplacer des moyens d’une année sur l’autre, alors que l’Europe doit rembourser aux Etats des sommes non dépensées.

Dialogue social indispensable

Ces évolutions vers davantage de confiance passe par davantage de dialogue. ” Dans beaucoup de pays, les syndicats disent que les exigences européennes sapent la confiance dans l’Europe. Je comprends les syndicats. Le dialogue social est un élément indispensable. Ce que je critique c’est que les gouvernements qui se mettent d’accord lors des Conseils européens, n’appliquent   pas ce qui est décidé lorsqu’ils retournent chez eux. Ils disent que c’est l’Europe ou que c’est Merkel qui ont décidé.”

michel.deprost@enviscope.com

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