Eau

La re-localisation des pêcheurs touchés par la pollution PCB n’est pas facile

Les 12 pêcheurs professionnels du Rhône concernés par l’interdiction de commercialisation des poissons ont bénéficié d’un accompagnement par le ministère de l’Agriculture. Ils ont perçu une indemnisation pour perte de marge brute et les 9 pêcheurs éligibles (actifs cotisants à la MSA à la date d’interdiction de pêche) ont été payés. Le montant global de ces aides s’élève à 180 223 €. Les trois pêcheurs du département du Rhône ont bénéficié du montant plafond de 30 000 € chacun, du fait de l’antériorité de la date d’interdiction de pêche. Pour les aides à l’investissement, aucun projet n’a encore été mené à bien. Les 9 pêcheurs professionnels du lac du Bourget touchés par l’interdiction de commercialisation ont bénéficié d’un accompagnement par le ministère de l’Agriculture et le Conseil général de Savoie. Une prise en charge partielle des cotisations MSA a également été engagée.



Ce sont 17 pêcheurs professionnels de la Saône qui sont touchés par les interdictions partielles ou totales de commercialisation des poissons de février 2009. Une analyse individuelle fait apparaître des situations très contrastées, pour la part de la pêche dans le revenu global, mobilité géographique ou professionnelle, âge. Il faut aussi prendre en compte les attentes complémentaires. Le dispositif d’accompagnement est en cours.



Re-localiser avec précaution



Les actions pour trouver des solutions de re-localisation des pêcheurs se poursuivent en trois étapes. Les pouvoirs publics veulent d’abord garantir sur l’ensemble des secteurs demandés la conformité sanitaire. Les investigations ont été conduites sur les plans d’eau demandés par les pêcheurs professionnels. Le lac de Serre Ponçon sera investigué en 2009. Les résultats sont globalement favorables mais doivent pour certains être interprétés par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA). Les résultats sur l’aval de la Saône et l’Isère montrent des non conformités vis à vis de la norme et ne permettent pas la re-localisation envisagée initialement.



La deuxième étape consiste à s’assurer que les potentialités biologiques permettent d’accueillir une pêche professionnelle. Il est enfin indispensable de faire avancer la concertation locale entre les usagers des plans d’eau.



Darses et gravières



Des pêches et des analyses ont été conduites sur le grand et le petit Rhône sur deux espèces marines (loup et mulet) qui pourraient être exploitées par les pêcheurs professionnels si leur qualité sanitaire s’avérait bonne. L’avis très récent de l’AFSSA sur le Rhône confirme la possibilité d’exploiter ces espèces marines pour les pêcheurs sur le petit et le grand Rhône.



Un travail de concertation a été mené à l’initiative des pêcheurs professionnels pour étudier la possibilité de pêcher dans les darses ou les gravières de la Saône. Pour des raisons de sécurité la pêche professionnelle ne peut être autorisée dans les ports de Saône. Trois sites de gravières sont intéressants car déjà situés au droit d’un lot de pêche professionnelle sur la Saône. Certains carriers ont signifié leur accord pour une installation sur leurs sites en marge de la partie active des pêcheurs professionnels pour la durée de leur concession.


michel.deprost@enviscope.com

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