Environnement

Pesticides: fortes présomptions de liens avec les leucémies et les tumeurs cérébrales chez l’enfant

Le quatrième congrès national «  Santé Environnement » s’est déroulé  jeudi et vendredi à l’hôtel de la Région Rhône-Alpes à Lyon. Le congrès était co-organisé par le Centre International de Recherche sur le Cancer, agence dépendant de l’Organisation mondiale de la Santé, par la Société Français de Médecine du Travail, par le Centre Léon Bérard, de Lyon et par le Cancéropole  Lyon, Auvergne Rhône-Alpes (CLARA).

Une expertise réalisée par l’INSERM  sur les liens entre pesticides et cancer a été présentée par  Geneviève VAN MAELE-FABRY, chercheuse à l’Université de LOUVAIN ( Belgique). L’expertise  sur le thème «  Pesticides, effets sur la santé » a porté sur dix localisations de cancers chez l’adulte et chez l’enfant. Geneviève VAN MAELE-FABRY a présenté les résultats portant sur le cancer de la prostate, les leucémies  et le cancer du cerveau chez l’enfant.

Cancer de la prostate: forte présomption

Pour le cancer de la prostate, les résultats établissent une présomption forte entre l’exposition professionnelle aux pesticides et la survenue de tumeurs. Il existe aussi une présomption forte entre exposition professionnelle et lymphome non-hodgkinien et myélome multiple.

Pour l’exposition des enfants aux pesticides les sources sont multiples: exposition  indirecte des parents, résidence située dans des zones agricoles traitées, utilisation de pesticides dans la maison, dans les jardins ou dans l’alimentation.

Les  leucémies chez l’enfant, ont été étudiées par cinq méta-analyses: deux sur l’exposition professionnelles des parents, deux sur des expositions domestiques et une sur les domiciles exposés à  des traitements professionnels.

Un risque accru en cas d’exposition des parents et du domicile

Les deux méta-analyses montrent une augmentation du risque quand la mère  est exposée, mais pas quand le père est exposé. Au niveau d’une exposition domestique, deux analyses montrent une augmentation du risque en cas d’exposition pendant la grossesse et pendant la petite enfance. Pour un domicile situé dans un secteur soumis à des traitements par des pesticides pendant la période de grossesse, les études concluent à un fort lien.

Pour les tumeurs cérébrales, peu d’informations existent, puisque une seule méta-analyse a été réalisée pour des enfants dont les parents sont exposés professionnellement. Les études notent une augmentation du risque pour les cas témoins et sur une cohorte, en cas d’exposition de la  mère et du père, surtout pendant la période prénatale. Les chercheurs concluent à une présomption forte de liens entre expositions à des pesticides et tumeurs cérébrales.

michel.deprost@enviscope.com

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