Énergie

Photovoltaïque : vingt ans d’histoire franco-genevoise

« On avait décidé de fermer l’entrée du site de Creys-Malville avec une chaîne de matière plastique. Mais les CRS étaient là, et le sous-préfet de la Tour du Pin aussi. Nous n’étions pas violents, mais il y a eu un contact, et le sous-préfet a cassé mes lunettes. Je suis allée déposer plainte à la gendarmerie et quand le gendarme m’a demandé qui était l’auteur, quand je lui ai dit le sous-préfet, il a marqué un temps d’arrêt, mais il a continué. J’étais quand même députée au Parlement européen. Le Président du Parlement européen a écrit aux autorités françaises en rappelant qu’il n’était pas question de molester un député. La plainte été classée et j’ai dû payer mes lunettes».
L’anecdote rappelée samedi matin à Genève, par Maguitte Dinguirard, élue Vert au Grand Lyon, devant l’exposition relatant les débuts de l’énergie photovoltaïque en Suisse et en Rhône-Alpes permet de mesurer le chemin parcouru en vingt ans.



Il y a vingt ans, des pionniers des énergies renouvelables, opposés à l’énergie nucléaire, avaient fait la route pour rencontrer à Genève Max Schneider, fondateur du bureau d’études Sun Watt Bio Energie, promoteur lui-même de l’énergie photovoltaïque en Suisse romande. Max Schneider venait d’installer à Thônex, la première centrale photovoltaïque raccordée au réseau.


Une centrale près de Creys Malville


Le prototype suisse a servi de modèle à la construction de la première centrale photovoltaïque édifiée en toute illégalité à LHUIS, dans l’Ain, à deux pas du surgénérateur de CREYS MALVILLE (Isère). « Le surgénérateur était arrêté et la loi française prévoyait qu’un arrêt de plus de deux ans nécessite une nouvelle autorisation. Nous voulions empêcher symboliquement le redémarrage» explique Marc JEDLICZKA, déjà militant Vert, aujourd’hui directeur général d’HESPUL. L’inauguration a eu lieu le 14 juin 1992. La centrale photovoltaïque fonctionne toujours.


L’association Phébus créée peu après les contacts en Suisse, après la construction de la première centrale, a développé le photovoltaïque, en soutenant d’autres projets qui ont émergé ici et là, souvent dans le sud-est. Ici et là les fonds, ont été réunis avec l’aide d’élus Verts souvent, joints à des fonds européens. Phébus a noué des liens avec la Commission européenne, répondu à des appels d’offres, monté des projets, fait avancer des dossiers techniques, administratifs, fiscaux, en exerçant un lobbying intense, de manière à contrebalancer le puissant lobbying exercé par la filière de l’industrie nucléaire.


D’année en année, le nombre de toits équipés a progressé. L’association Phébus, a embauché son premier salarié à temps partiel en 1997. Devenue HESPUL, l’association en 2000 un espace info énergie en Rhône-Alpes, et a continué à soutenir le développement de la filière photovoltaïque, sans dévier par rapport au cap choisi il y a plus de vingt ans.


Et en Suisse l’association Phébus Suisse poursuit sa voie. Elle aussi a promu le développement du photovoltaïque. Et ses animateurs sont toujours actifs. Sergio Mazzone, e président, Claude Guignard, le trésorier, Otmar Bohner, chargé des dossiers techniques, assurent le fonctionnement de la coopérative qui entretiens les installations existantes et encourage de nouveaux projets.


michel.deprost@enviscope.com


Max Schneider, l'initiateur de la centrale, il y a vingt ansMarc Jedliczka, évoque l'histoire des liens entre les promoteurs du photovoltaïque en Rhône-Alpes et en Suisse RomandeRobert Cramer, député Vert à la chambre haute de la Confédération, rappelle l'engagement de Genève en faveur du photovoltaïque et de l'environnement. A sa gauche, le maire de Thônex Les promoteurs de la centrale de Sous Moulin, devant la centrale

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