Construction et aménagement

Plaine Saint-Exupéry: développer les entreprises sans sacrifier l’agriculture

Le Pôle métropolitain Lyon-Saint Etienne précise son projet d’aménagement et de développement de la Plaine Saint-Exupéry : 7 à 800 hectares pour accueillir de nouvelles entreprises dans les vingt prochaines années en protégeant l’agriculture.

Le conseil du Pôle métropolitain qui s’est tenu le 19 mars à Saint-Étienne — à la Cité du Design à l’occasion de la 9° Biennale du design — a officialisé le lancement du projet de développement et d’aménagement économique de la « Plaine Saint-Exupéry ».

Ce territoire de 344 km2 à proximité de l’aéroport éponyme compte aujourd’hui 146 000 habitants et 64 000 emplois. Il est stratégiquement situé entre les différents territoires composant actuellement le Pôle métropolitain (Métropole de Lyon, issue de l’ex Grand Lyon ; Saint-Étienne Métropole ; VienneAgglo et Communauté d’Agglomération des Portes de l’Isère, que viendra rejoindre, en principe en juin 2015, la CCEL ( Communauté de Communes de l’Est Lyonnais) (1), qui veut en faire sa porte d’entrée internationale et lui insuffler une forte dynamique de développement.

Six secteurs géographiques, sept axes de développement

Au terme de quatre années de travail et de réflexion entre le Pôle, la CCEL et la CCI Nord Isère, animées par le préfet de région, il a été décidé, plutôt que de constituer un syndicat mixte supplémentaire, que le Pôle métropolitain serait la structure opérationnelle de gouvernance du projet Plaine Saint-Exupéry. Celui-ci sera prochainement concrétisé par la signature d’une Directive Territoriale d’Aménagement.

Ce projet se décliner sur six secteurs géographiques distincts : Pusignan-Vilette d’Anthon Janneyrias ; secteur nord plateforme ; secteur sud plateforme ; ferme de la Savane-Poulieu ; Parc de Chesnes ; Portes du Dauphiné. Il prévoit de nombreuses actions à mettre en œuvre sur les axes suivants :

-Contribuer au développement et au rayonnement de l’aéroport de Saint-Exupéry ;

-Prospecter des activités industrielles nécessitant une proximité aéroportuaire ou de grands tènements fonciers ;

-Renforcer l’attrait du territoire à travers son image de bassin économique fort et diversifié ;

-Positionner la Plaine comme « hub multimodal » ;

-Valoriser les ressources au travers d’une gestion raisonnée et efficiente ;

-Renforcer les capacités des activités productives ;

-Encourager l’essor de services variés et adaptés pour les usagers.

Préserver l’agriculture

Entre 700 et 800 hectares aménageables ont été repérés au cours de la phase préparatoire pour accueillir de nouvelles entreprises: « Mais pas des entreprises qui entreraient en compétition avec celles déjà présentes sur notre territoire. Il s’agira plutôt d’entreprises innovantes souhaitant bénéficier de la proximité des grandes infrastructures que sont l’aéroport international, les voiries et bientôt le Lyon-Turin… » précise Jean Papadopulo, deuxième vice-président du Pôle et président de la CAPI.

Le président de la CAPI  a exprimé le souci des porteurs du projet de ne pas concurrencer non plus l’agriculture dans ce secteur de grandes plaines à forte valeur agricole. Certes des terrains vont être pris pour l’aménagement, mais en contrepartie, des secteurs agricoles stratégiques seront aussi identifiés et « verrouillés dans le temps pour donner de la visibilité aux agriculteurs… »

« Personne n’est éliminé de cette réflexion », ajoute l’élu isérois, qui précise que le projet Plaine Saint-Exupéry a été élaboré en partenariat étroit avec les Départements, la Région, et les chambres consulaires et qu’il reste ouvert à tous les acteurs qui comptent pour l’aménagement du territoire comme la SAFER, l’EPORA, les agences d’urbanisme, les porteurs de projet…

Quant au calendrier d’aménagement, il va s’inscrire dans le long terme et se dérouler en plusieurs phases : les premiers terrains pourraient être libérables pour l’accueil d’entreprises d’ici 5 ans, avec des phases suivantes à horizons de 10 , 15 ou 25 ans…

 

H.C. / henricolomb@yahoo.fr

 

  • Ces cinq collectivités composant le Pôle métropolitain devraient être rejointes au 1er janvier 2016 par un sixième membre, la Communauté d’agglomération de Villefranche, qui a demandé un statut d’observateur au sein du Pôle jusqu’à la fin de 2015.

 

 

Légende photo : Gérard COLLOMB, Président du Pôle Métropolitain et Président de la Métropole de Lyon, Gaël PERDRIAU, 1er Vice-Président du Pôle et Président de Saint-Étienne Métropole, Jean PAPADOPULO, 2ème Vice-Président et Président de la CAPI et Thierry KOVACS, 3ème Vice-Président et Président de ViennAgglo réunis à la Cité du Design de Saint-Etienne.

©photo : H.C.

 

 

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