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Vers un pôle de compétitivité éco-tech Rhône-Alpes

L’ensemble des forces politiques et économiques de la région vont déposer en commun ce 2 octobre auprès du préfet de région la candidature officielle de Rhône-Alpes pour un nouveau pôle de compétitivité consacré aux éco-technologies. Cette candidature régionale est portée d’une seule voix par Jean Jack Queyranne, président de la Région, Gérard Collomb maire de Lyon et président du Grand Lyon, Maurice Vincent maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, Michel Destot maire de Grenoble, Didier Migaud, président de Grenoble Alpes Métropole et Alain Cottalorda maire de Bourgoin-Jallieu et président de la communauté d’agglo des Portes de l’Isère. Coté recherche et industrie on y retrouve aussi engagés 4 des 15 pôles de compétitivité déjà actifs en Rhône-Alpes : Axelera (chimie-environnement) , LUTB (transports collectifs urbains de personnes et marchandises), Tenerrdis (énergies renouvelables) et Minalogic (solutions miniaturisées intelligentes pour l’industrie) , mais aussi des clusters et des associations d’entreprises impliquées dans les éco-technologies. En tout une trentaine d’acteurs et et un potentiel de 2500 adhérents.

« Clim tech » et « clean energy »

Cette démarche vient en réponse à l’appel d’offre lancé par l’Etat (Christian Estrosi, ministre de l’industrie) le 30 juin 2009 pour labelliser quelques pôles de compétitivité supplémentaires, exclusivement centrés sur les « clim tech », ou éco-technologies. Les « clim tech » recouvrent l’ensemble des services , produits et techniques permettant d’optimiser les consommations de ressources naturelles, et de mesurer et réduire les impacts environnementaux de l’activité humaine . Malgré la crise, c’est un secteur en pleine croissance : en 2009, 115 milliards de dollars auront être investis au niveau mondial dans les « clean energy » . Rhône-Alpes a choisi d’axer son projet de pôle de compétitivité sur le domaine particulier de « l’efficacité énergétique, de la matière à l’usage », qui concerne trois domaines applicatifs, bâtiment et infrastructures, transport, et industrie, concentrant à eux seuls la plus grande partie de la dépense énergétique.

Déjà 4600 chercheurs en Rhône-Alpes

Cette démarche est issue d’un constat établi par les élus lors du dernier salon Pollutec à Lyon : en Rhône-Alpes 3600 entreprises, représentant plus de 50 000 emplois, travaillent déjà dans ces domaines. Parmi elles figurent de grands groupes comme les cimentiers Vicat ou Lafarge, le verrier Saint-Gobain, Renault-Trucks, ou les énergéticiens Gdf-Suez ou Edf, mais aussi d’inombrables PME et TPE qui sont déjà des « clients » réguliers des pôles de compétitivité existants. Un quart des entreprises françaises spécialisées dans les énergies renouvelables sont situées en Rhône-Alpes. Par ailleurs, la région avec ses deux pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES de Lyon-Saint-Etienne et PRES Grenoblois), son réseau de grandes écoles et ses nombreux centres de recherche ( CNRS, CEA, INES, INRETS, CERTU, CSTB, IFP, CETIAT , CETIM…) dispose d’une expertise scientifique considérable – dont 4600 chercheurs déjà spécialisés sur les éco-technologies – qui lui permet d’afficher une ambition non seulement nationale mais aussi mondiale dans ce domaine. Le pole éco-technologie Rhône-Alpes figure déjà dans le top 10 européen de l’efficacité énergétique. Boosté par un statut de pôle de compétitivié il pourrait entrer durablement dans le top 5 européen à l’horizon de 10 ans.

Décision fin 2009 ?

En présentant jeudi cette candidature commune à Saint-Etienne à l’occasion de l’inauguration officielle de la Cité du Design, tous les élus ont souligné le caractère immédiatement opérationnel d’un tel pôle de compétitivité s’il est labellisé par l’Etat : ce n’est pas seulement un concept . Plus de quarante projets de recherche ou projets technologiques ont déjà été recensés ces trois derniers mois et ont fait l’objet de fiches-projet détaillées. Certains sont déjà lancés, d’autres prêts à démarrer, d’autres encore en devenir. Bruno Allenet au nom des industriels et de l’association des pôles de compétitivité rhonalpins a fixé l’enjeu en termes financiers : « les grands pôles de la région font chacune entre 100 et 200 millions d’euros de projets de recherche par an. Il faudra atteindre ce niveau… » .Toute la région Rhône-Alpes est mobilisée face aux candidatures concurrentes qui pourraient émerger aussi en Ile de France ou PACA. Réponse de l’Etat espérée avant fin 2009, peut-être à l’occasion du prochain salon Pollutec, à Paris cette année…

Henri Colomb, henricolomb@yahoo.fr

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