Économie circulaire

Pour l’association Négawatt, la France peut réduire ses d’émissions de GES de 55 % d’ici 2030

La Commission européenne propose de renforcer les efforts visant à contenir le dérèglement climatique en portant d’ici 2030 de -40 % à -55 % l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au niveau européen, par rapport à leur niveau de 1990. L’association Négawatt publie une analyse de l’écart entre ces deux objectifs au niveau national qui montre que cet objectif peut être atteint grâce à une véritable mise en œuvre du triptyque sobriété / efficacité / renouvelables.

Entre 1990 et 2019, les émissions de GES ont diminué de 19 % en France et de 24 % au sein de l’Union Européenne (hors Royaume-Uni). L’objectif actuel, au niveau français comme européen, est de réduire de 40 % le niveau d’émissions de GES en 2030 par rapport à 1990. Mais cet objectif, aussi contraignant soit-il, n’est pas en phase avec celui de neutralité carbone fixé à l’horizon 2050 par la loi énergie-climat de 2019. Il ne l’est pas davantage avec l’Accord de Paris qui vise à contenir le réchauffement global à +2 °C, et autant que possible à 1,5 °C.

Il faut en effet bien comprendre, comme le rappelle Négawatt, que le dérèglement climatique n’est pas corrélé au niveau d’émission à l’horizon 2050 ou 2100, mais bien au cumul d’émissions depuis le début de l’ère industrielle. Dans ce contexte, l’ambition doit être renforcée au plus vite.

Renforcer les efforts

Alors que le Conseil d’État demande au gouvernement de démontrer comment il pense atteindre en France l’objectif actuel de -40 % d’émissions GES entre 1990 et 2030, la Commission européenne propose de renforcer les efforts visant à contenir le dérèglement climatique en portant de -40 % à -55 % cet objectif au niveau européen. Le Parlement européen a même quant à lui voté un objectif de -60 %.

L’adoption d’un objectif de –55 % pour 2030 impliquerait pour la France, compte tenu de l’évolution de ses émissions depuis 1990 de les réduire encore de – 45 % par rapport à leur niveau de 2019.

L’association Négawatt a publié le 30 novembre une analyse de l’écart entre ces deux objectifs au niveau national en comparant la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) à un scénario fortement inspiré des scénarios Négawatt et Afterres2050. Cette comparaison met en lumière les différences d’hypothèses entre les exercices, et donc les leviers à activer pour atteindre l’objectif proposé par la Commission européenne.

Réduire la consommation d’énergie

Le principal levier, et de loin, est le renforcement de la réduction de la consommation d’énergie. Celui-ci est possible dans tous les secteurs. Il l’est notamment dans les transports, grâce à une plus grande maîtrise des distances parcourues, à un meilleur taux de remplissage des véhicules et à un report modal plus marqué de la route vers les modes actifs et les transports en commun. Il l’est aussi dans les bâtiments en renforçant sérieusement la mise en œuvre de la rénovation thermique et en maîtrisant davantage la consommation des appareils électriques. Enfin, il l’est dans le secteur industriel grâce au développement de l’économie circulaire, permettant de réduire les tonnages produits et consommés, et d’augmenter les taux de recyclage.

Combinées entre elles, ces différentes actions permettent de réduire de 10 %, soit 126 TWh, la consommation d’énergie finale projetée en 2030 dans la SNBC, concourant ainsi à la baisse de plus de 200 TWh de consommation d’énergies fossiles à cet horizon de temps. L’augmentation de la production renouvelable, à travers les filières éolienne, photovoltaïque et bioénergies (augmentation de 64 TWh au total) et la réduction des pertes liées à la production d’électricité permettent de parcourir le chemin restant.

“L’heure n’est plus aux petits pas”

L’objectif – 55 % de GES en 2030 par rapport à 1990 est atteignable par la France ; c’est ce que montre cette analyse. Pour l’association Négawatt, « L’heure n’est plus « aux petits pas ». Face à l’urgence climatique, la France doit non seulement soutenir au moins la proposition de la Commission européenne visant à relever l’objectif 2030, mais aussi et surtout mettre en place les mesures qui permettent d’atteindre ces objectifs, pour qu’ils ne restent pas d’éternels vœux pieux. C’est ce que le Conseil d’État vient de rappeler opportunément, alors que les participants à la Convention citoyenne sur le climat s’inquiètent de voir leurs propositions maltraitées, malgré les engagements du Président de la République. »

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