Environnement

Primevère : trois jours de rencontres pour se réapproprier nos vies

La vingt huitième édition du Salon Primevère, salon-rencontres de l’alter-écologie,  aura lieu les vendredi 14, samedi 15 et dimanche 16 mars à Lyon Eurexpo.

Primevère confirme qu’il n’est pas un salon comme les autres, y compris pas comme les autres salons de l’écologie, très souvent essentiellement orientés vers la consommation de produits différents.

Primevère qui était au départ un salon et des rencontres, se veut depuis quelques années un salon-rencontres. Et nous ne parlerons que la dimension “rencontres” . Cette dimension constitue en l’originalité de la manifestation lyonnaise organisée par une association de bénévoles qui  tient ferme la barre pour ne pas changer de cap, le cap vers une société plus respectueuses de l’environnement, de la planète, mais aussi des personnes, qu’elles soient productrices ou consommatrices.

Pour les rencontres, Primevère, ne fait pas n’importe quoi. Chaque année, l’association choisit un thème, et n’a pas peur de placer dans une société de l’immédiat, du spectacle, du bling-bling, de la consommation permanente, la barre un peu haut, en proposant un thème essentiel abordés sous des angles divers.

Se réapproprier nos vies

Cette année, Primevère met en avant le thème «  se réapproprier nos vies ». Le point de départ de l’invitation : le constat pessimiste d’une évolution des sociétés où se développent  la «   défiance totale à l’égard des puissants  et  des élites élues ou autoproclamées » ; l’incompréhension vis-à-vis «  des médias qui se revendiquent détenteurs de la vérité et de notre liberté alors qu’ils ne sont que des entreprises » . Primevère pointe  aussi les biens communs et les droits légitimes des peuples sacrifiés,  les modes de vie inhumains.

Le constate est clair : «l’humanité ne sait plus ou elle va » !  Pour Alain Dorieux, président de l’association Primevère, trois scénarios se dessinent : celui d’une financiarisation totale du monde, de la nature, d e l‘immatériel ; celui d’un capitalisme «  encadré par une régulation publique et une modernisation  sociale » et celui d’une rupture complète «  ouvrant sur une transition, écologique,  sociale et démocratique.»

Face au mouvement actuel, qu’on peut appeler d’aliénation, de déracinement, de précarité, d’exclusion,  de dépendance, de non participation, Primevère propose à chacun  de reprendre  «  le pouvoir d’être ».   La critique s’adresse sans doute à l’hyperconsommation, sous toute ses formes, l’hyperconsommation de biens matériels, de nourriture,  de communication, de contenus, de numériques, dans un monde qui à force de trop de message, perd de son sens.

Alain Dorieux et l’équipe de Primevère invite  à  être «  acteur de notre destin »  et l’écologie est une forme d’engagement dans ce sens. On sait que pour Primevère, l’écologie, c’est davantage d’autonomie, de respect des ressources, de l’environnement, mais c’est aussi davantage de respect des autres.

Très concrètement,  les rencontres proposent un très riche programme de conférence, de débats sur des thèmes très variés. De additifs alimentaires en alimentation bio ou en alimentation conventionnelle,  aux coopératives d’habitants, en passant par  la fin du tout voiture ou la cohabitation avec la biodiversité.

L’intérêt des conférences est de faire appel  à des spécialistes, à des auteurs de livres, à des responsables associatifs.  La limite du genre réside souvent dans le fait que les participants sont très souvent choisis en fonction de leurs convergences avec les organisateurs (1)  , le débat a donc ses limites les absents ayant forcément toujours tort !

Les échanges s’organisent toutefois  autour de plusieurs thèmes, la démocratie,  l’économie, la relation à l’autre, les métiers, es ressource naturelles, le numérique. Au visiteur citoyen de d’informer, de cherche, de réfléchir, pour en sortant,  être capable de se réapproprier sa vie !

Michel.deprost@enviscope.com

Sur internet : Primevère salonprimevere.org

Primevère, Entrée un jour 8 euros

Horaires : vendredi de 14 heures à 22 heures

Samedi de 10 heures à 20 heures et dimanche de 10 heures à 19 heures

1)      Cet à priori  pose un problème car la démocratie consiste justement à confronter les opinions, afin de rendre chacun maitre de son information et de sa réflexion.

Très souvent, et c’est une limite sans doute des rencontres, la contradiction ne se situe pas au niveau de chaque table ronde ou conférences, où en général les intervenants sont sur la même longueur d’onde. Au prétexte qu’ils s’expriment largement par ailleurs, les représentants du monde «  officiel », des «  grandes entreprises », des “élites” ne sont évidemment pas invités à répondre, à s ’expliquer. C’est la limite de la démarche de Primevère qui reproduit ainsi trop le formatage dénoncé par ailleurs…

VOIR AUSSI