Énergie

Programme ESTI de Kic Innoenergy : Les futurs chercheurs doivent relever les défis énergétiques de l’Europe

L’Europe fait face à des défis énergétiques colossaux et finance la recherche pour réduire par exemple, sa dépendance énergétique. Chantal Dagnaud et Guy Romain, consultants dans le secteur de l’énergie, sont intervenus lors de la session ESTI, qui a réuni à l’INSA de Lyon, 25 doctorants en énergie du monde entier, étudiant dans des universités et écoles européennes.

Comment les futurs chercheurs dans le secteur de l’énergie, Européens ou non, peuvent-ils se préparer pour trouver les solutions aux besoins des générations futures ? En levant le nez de leur clavier, de la rédaction de leur thèse, en sortant du laboratoire, pour échanger avec des spécialistes de l’énergie.

C’est le rôle du programme ESTI, financé par Kic InnoEnergy, entreprise européenne dont le siège français est à Grenoble. Le programme ESTI 2015-2016 s’est déroulé en deux temps à l’INSA de Lyon, sous la houlette de Béatrice Frezal, professeur attaché à l’INSA, spécialiste en intelligence économique. Le programme s’est achevé il y a quelques jours pour les 25 jeunes chercheurs du monde entier ayant en commun de se former à la recherche dans des écoles et universités de l’Union.

Des défis à relever

Chantal Dagnaud, consultante en énergie, spécialiste en lobbying et en affaires publiques, et Guy Romain, ingénieur, dirigeant de la société de conseil DATEM, ont brossé le tableau des défis auxquels l’Europe est confrontée:  réduction de la dépendance énergétique,  sécurité des approvisionnements, développement des renouvelables, du stockage, des réseaux intelligents, de l’efficacité énergétique !

Ces contraintes poussent à exceller, à trouver des solutions, pour l’Europe mais aussi pour d’autres continents !” Les défis pour les 28 sont immenses” a rappelé Guy Romain. Les prix de l’énergie vont monter,  alors qu’aux États-Unis, en raison de la révolution des gaz de schistes, les prix pourront baisser. Le Japon, l’Inde, la Chine, l’Europe, seront plus dépendants de ressources extérieures, alors que la dépendance des États-Unis devrait se réduire.

Développement des renouvelables

Le mix énergétique mondial ne devrait pas être bouleversé car la croissance de la demande conservera une large part aux énergies fossiles et au nucléaire. Mais le mix énergétique européen évoluera sur plusieurs points. Engagée dans la réduction de la consommation d’énergie, dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et dans le développement des énergies non carbonées (objectif 3×20),  l’Europe devrait atteindre en partie ces objectifs. La part des renouvelables devrait passer de 10 % en 2000 à 18 % en 2030. Les importations d’hydrocarbures devaient reculer.

Efficience

L’Europe devra investir fortement dans l’efficience énergétique. Elle devra utiliser des énergies plus territoriales, des énergies destinées à être consommées près du lieu de production. Cette reconfiguration suppose d’énormes investissements dans les réseaux, 600 milliards d’euros, plus que dans la production, 500 milliards d’euros de 2010 à 2020.

L’Europe devra reconfigurer ses interconnexions, les réseaux d’approvisionnement avec des régions voisines peu stables comme la Russie, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord. Le besoin de recherche est énorme : pour la production, pour le stockage, l’efficacité, pour les nouvelles organisations, les nouveaux modes de consommation. Les perspectives sont larges pour les chercheurs de demain.

michel.deprost@enviscope.com

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