Énergie

PV Alliance : l’échec d’un transfert technologique

Devant l’érosion des positions de Photowatt, Isère et du fait de la défaillance de son actionnaire canadien de référence, les pouvoirs publics ont souhaité développer la filière photovoltaïque à partir de transferts technologiques.Objectif: compenser le retard sur des technilogiques classiques par des ruptures technologiques permettant d’accroitre sensiblement les rendement en passant de 15% environ à plus de 20 à 22%.

La société PV Alliance a été créée en 2007 entre Photowatt, EDF Energies nouvelles réparties et le Commissariat à l’énergie
atomique et aux énergies alternatives (CEA), pour mettre en oeuvre ce partenariat stratégique. Un soutien principalement public de 46,5 M€ était prévu, auquel s’ajoutaient 30 M€ apportés par les collectivités territoriales ( Région Rhône-Alpes, Département de l’Isère)

Les recherches du CEA  comme prévu,  mais l’accumulation de retards et  ” les atermoiements des industriels”  ont voué ce projet à l’échec, explique la Cour des Comptes. La ” faible réactivité de l’administration française ” dans la procédure d’instruction de la Commission européenne au titre des aides d’État  ( il fallait montrer que les aides publiques ne faussaient pas la concurrence) a retardé de vingt mois la signature du contrat de financement d’OSEO, alors que PV Alliance était sous-capitalisée.

Les industriels,  “souhaitant optimiser au maximum le financement public, ont limité leur engagement”  en abandonnant la technologie de rupture de l’hétérojonction au profit d’améliorations marginales sur une technologie moins innovante. Le CEA a repris le programme d’hétérojonction – et par conséquent l’intégralité des dépenses –, avec le soutien de l’ADEME (Investissements d’avenir) sous la forme d’une avance remboursable, dans l’attente d’un nouveau partenariat industriel.

Le dépôt de bilan de Photowatt, a entrainé la cession, pour un euro symbolique, des équipements et brevets afférents à ce programme ainsi que sa participation de 20 % dans PV Alliance, à EDF Énergies nouvelles réparties, repreneur des actifs de
Photowatt. EDF se trouve aujourd’hui ” à la tête d’une usine qui produit bien au-dessus des prix de marché, avec de fortes incertitudes sur la valorisation future des technologies développées, compte tenu du retard pris sur le numéro un mondial du secteur.”

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