Environnement

Recherche sur les OGM: des scientifiques demandent à François Hollande de ne pas détourner les résultats de la recherche

Le Conseil d’Etat, en annulant la suspension de culture de maïs Bt MON810, offre une victoire morale aux chercheurs qui ont dénoncé le détournement des données scientifiques par le gouvernement français en 2008 puis encore en 2012. 

Il s’agissait d’un accord politicien, aujourdhui publiquement regretté par François Fillon (réf 1), en préalable au Grenelle de l’environnement, où le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait accordé aux écologistes politiques l’interdiction des OGM contre leur cautionnement du Grenelle et leur silence sur le nucléaire civil.

Ce « deal » prive depuis 2008 les agriculteurs français de la liberté de choix (prévue par la loi du 25 Juin 2008, votée à l’unanimité) quant à la culture des variétés de ce maïs qui combat certains insectes ravageurs sans pesticide.

De plus, larrêt par lINRA de son dernier essai au champ de plantes (peupliers) transgéniques le 13 juillet 2013, signe limpossibilité de poursuivre des recherches sur les OGM en France.

Nous appelons le gouvernement de François Hollande :

* A ne pas suivre son prédécesseur sur la voie dune interdiction contraire à la loi et aux autorisations européennes.

* A intégrer les grandes cultures agricoles dans le concept de « redressement productif ».

* A encourager de nouvelles recherches en biotechnologies végétales afin de répondre aux défis économiques et écologiques de lagriculture et afin de promouvoir les bioproductions industrielles.

* A créer les conditions techniques et sociales de la coexistence entre cultures dOGM et les autres pour enfin appliquer la Loi « OGM » de 2008 permettant également la liberté de choix des agriculteurs.

* A ne pas renouveler les pratiques passées dinstrumentalisation de scientifiques chargés de lévaluation des risques. Nous demandons ainsi la refonte du Haut Conseil des Biotechnologies et en particulier la dissolution du Comité « économique, éthique et social », qui a constitutivement mal fonctionné, et dont la composition de fait ne respecte plus les statuts inscrits dans la loi après son implosion en janvier 2012.

* A rompre avec les pratiques passées de détournements des faits scientifiques afin de justifier une interdiction politique de la culture des OGM (réf. 2).

* A promouvoir une information loyale et objective sur les biotechnologies végétales et sur dautres domaines où la confusion règne en maître.

Initiateurs de l’appel dont l’opinion exprimée ici n’est pas une position officielle des institutions scientifiques citées:
Richard Bligny (Directeur de recherche honoraire, CNRS), Jean-Bernard  Bonastre (Ingénieur Agronome, INA Paris), Chris Bowler (Directeur de recherche, CNRS), Francine Casse (Professeur honoraire des Universités), Gilles Curien (Chargé de recherche, CNRS), John Davison (Directeur de recherche honoraire, INRA), André Gallais (Membre de l’Académie d’Agriculture de France , Professeur Honoraire AgroParisTech), Jeanne Grosclaude (ancien membre CFDT du Haut Conseil des Biotechnologies), Louis-Marie HOUDEBINE (Directeur de recherche honoraire, INRA), Philippe Joudrier (Directeur de recherche honoraire, INRA), Claudine Junien (Professeur émérite des Universités, UVSQ, INRA), Marcel Kuntz (Directeur de recherche, CNRS), Georges Pelletier (membre de l’académie de! s sciences et de l’agriculture, directeur de recherche émérite, INRA), Jean-Claude Pernollet (Membre de l’Académie d’agriculture de France, Directeur de recherche honoraire, INRA), Agnès Ricroch (Maître de conférences, AgroParistech, Professeur-adjoint, Penn State University), Marylin Vantard (Directeur de recherche, CNRS)
 

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